Rosneft se tourne vers son actionnaire pour faire face aux sanctions occidentales
Rosneft prend la mesure des sanctions américaines. Le premier groupe pétrolier russe s’est adressé à l’Etat, son actionnaire majoritaire (69,4%), pour lui demander un appui financier. Plusieurs scénarios ont été élaborés par la direction de Rosneft et le ministère de l’Energie. Selon le journal Vedomosti, l’un des cinq schémas envisagés prévoirait de puiser 30 milliards d’euros dans les ressources du fonds souverain russe pour racheter des obligations Rosneft émises en monnaie étrangère. Une solution radicale qui n’aurait pas convaincu Moscou mais qui illustre la complexité de la situation pour Rosneft.
Depuis la mi-juillet, les banques américaines ne peuvent plus accorder de financement à plus de 90 jours ou des fonds propres à Rosneft, Novatek, deux banques et huit groupes d’armement. Or, Rosneft va devoir faire face à 26,2 milliards de dollars de remboursements d’ici à décembre 2015, dont 80% sont concentrés entre octobre 2014 et mars 2015. 13,6 milliards de dollars liés au prêt-relais noué en 2013 pour le rachat de TNK-BP doivent par exemple être remboursés en fin d’année. Compte tenu de sa trésorerie et des ses lignes de financement, le groupe pétrolier pourrait devoir refinancer 5 à 6 milliards de dollars, estime Moody’s, en tenant compte des besoins opérationnels du groupe. Dans la foulée des sanctions américaines, les banques européennes, notamment suisses, pourraient également se montrer extrêmement réticentes à financer Rosneft ou Novatek.
Le risque pour Rosneft est de voir son coût de financement augmenter au moment où le groupe est engagé dans d’importants projets de développement, notamment dans l’Arctique offshore. En plus de l’appui éventuel de son premier actionnaire, le pétrolier russe pourrait accélérer la diversification de ses sources de financement en se tournant un peu plus vers les banques chinoises notamment. Rosneft l’a déjà fait en 2005 pour financer une partie du rachat des actifs de Youkos. Les analystes estiment également que sur les 25 milliards de financements obtenus en prépaiement de futures livraisons de pétrole, 20 milliards viendraient déjà de groupes chinois.
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