Rodriguez entend relancer son développement par un modèle plus prudent

Sorti de la procédure de sauvegarde avec une dette bancaire restructurée, le groupe cannois est parvenu à dégager un bénéfice net annuel
Antoine Duroyon

Rodriguez veut tourner la page. Ebranlé par une année de procédure de sauvegarde et les déboires judiciaires d’un ex-dirigeant, le concepteur et maître d’œuvre de yachts de luxe a multiplié les axes de restructuration: maintien de la relation client, accords avec les partenaires industriels et bancaires, plan de réduction des coûts et désignation d’une nouvelle équipe de direction.

Les plans de sauvegarde, homologués par la justice en mai dernier, et l’impact de la crise ont fortement réduit la voilure. Le chiffre d’affaires global (bateaux et services) s’est contracté de 20,4% sur l’exercice annuel décalé, clos le 30 septembre, pour s’établir à 87,2 millions d’euros. Alors que le groupe indique avoir divisé par deux ses coûts de structure, la perte opérationnelle s’est fortement amoindrie, passant de presque 120 millions d’euros en 2008-2009 à 25,5 millions sur l’exercice écoulé.

Le résultat net ressort à 3,78 millions d’euros, comparé à une perte de 121,6 millions d’euros lors de l’exercice précédent. La restructuration de la dette bancaire a joué un rôle significatif, puisque les résultats intègrent l’abandon de créances de 54 millions d’euros consenti par les établissements ainsi que l’actualisation de la créance obligataire de 64,6 millions d’euros. Sur le solde de 74,7 millions de la dette bancaire à rembourser en numéraire, Rodriguez indique en avoir déjà retourné 10 millions en 2010. Le reste sera échelonné sur dix ans, à hauteur d’au moins 6,4 millions d’euros par versement.

Le groupe précise avoir adopté temporairement une gestion par la trésorerie plutôt que par la marge, du fait que les bateaux en stock (financés à 100%) ont été achetés à des prix trop élevés par rapport au marché actuel. Ce positionnement doit permettre d’assurer le paiement de l’échéance du plan 2011 et de financer de nouveaux investissements. Rodriguez entend nouer des partenariats en tenant compte de cette nouvelle donne, avec des prix d’achat aux chantiers jugés inférieurs de 30% aux niveaux d’avant-crise. Le groupe a ainsi dévoilé deux nouveaux accords avec Italyachts et Sanlorenzo, mais a perdu le contrat avec Overmarine. Pour l’exercice clos en 2011, Rodriguez s’attend à un chiffre d’affaires de 70 millions d’euros et à un Ebit compris entre -7 et -10 millions d’euros.

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