Roche suscite l’embarras en maintenant son objectif de résultat 2010
Roche a soufflé le chaud et le froid hier à l’occasion de la publication de ses résultats annuels. Si les chiffres 2009 et les perspectives à court terme ont déçu les opérateurs, celles à moyen long terme continuent d’inspirer confiance.
Le sentiment d’Arsène Guekam chez CM-CIC Securities résume la situation. L’analyste a modifié son conseil sur la valeur (d’«acheter» à «conserver») en l’absence de «catalyseur à court terme» - entendez de «bonne nouvelle» - en dépit de perspectives de croissance jugées «solides». Martin Voegtli chez Kepler Capital Markets va dans le même sens en indiquant devoir revoir à la baisse ses prévisions à court terme tout en restant «clairement positif» quant au moyen-long terme.
Car les ventes de certains médicaments vedettes, particulièrement dans le traitement des cancers, ont déçu à fin 2009. En parallèle certes, les ventes du Tamiflu, traitement contre la grippe, ont bondi. Elles ont atteint 3,2 milliards de francs (2,2 milliards d’euros) en 2009, contre 2,7 milliards prévus par le groupe en octobre. Elles devraient baisser à 1,2 milliard de francs cette année, contre une prévision antérieure de 700 millions.
Le chiffre d’affaires du groupe au quatrième trimestre a ainsi progressé de 2,8%, ramenant la hausse sur l’ensemble de l’exercice écoulé à 7,5%, à 49,05 milliards de francs. Le résultat net a progressé de 8,9% à 9,8 milliards de francs.
Il n’en reste pas moins, comme le souligne le directeur général Severin Schwan, que «les ventes des deux divisions, Pharma et Diagnostics, ont progressé deux fois plus rapidement que celles de leur marché respectif» en 2009. Cela dans un environnement économique général encore incertain doublé pour les grands groupes pharmaceutiques d’une concurrence acharnée de la part des produits génériques. Roche a dans ce contexte opté pour une stratégie offensive de développement de nouveaux produits, notamment par l’intermédiaire de Genentech (pour 47 milliards de dollars).
Roche a ainsi assuré que la tendance des ventes début 2010 était encourageante. De quoi proposer le versement d’un dividende unitaire 2009 en hausse de 20% (à 6 francs), et, surtout, confirmer une prévision d’une hausse à deux chiffres du résultat net par action cette année, à taux de changes constants. Le chiffre d’affaires est attendu en progression de 5% environ, hors Tamiflu.
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