Roche se renforce dans l’analyse moléculaire destinée aux traitements anticancéreux
Le génome semble actuellement constituer la priorité de Roche en matière de croissance externe. Après avoir acquis le mois dernier le californien Bina Technologies et l’autrichien Dutalys, le géant pharmaceutique bâlois a annoncé hier avoir noué un large accord industriel et financier avec la société américaine Foundation Medicine, située dans le Massachusetts. Fondée en 2010 et cotée depuis 2013, celle-ci dispose d’une plate-forme propriétaire dédiée à l’analyse moléculaire et génomique dans le domaine de l’oncologie.
Le volet financier de cet accord prévoit une prise de participation majoritaire de Roche au capital de l’entreprise qui a fait appel à Goldman Sachs comme banque conseil. Le laboratoire suisse, conseillé par Citigroup, va débourser 780 millions de dollars (657 millions d’euros) pour acquérir 16,6 millions d’actions existantes au prix unitaire de 50 dollars, ce qui reflète une prime de 109% par rapport au cours de clôture de vendredi. Il investira «250 millions de dollars supplémentaires en achetant 5 millions d’actions nouvelles émises au même prix de 50 dollars».
Le conseil d’administration de la cible a approuvé à l’unanimité cette prise de contrôle qui est également soutenue par trois fonds d’investissement (Third Rock Ventures, Kleiner Perkins Caufield & Byers, Google Ventures) ayant au total 31% du capital. Soumise à l’aval de l’ensemble des actionnaires et à l’obtention des autorisations réglementaires, la transaction devrait être bouclée au cours du deuxième trimestre 2015.
Roche, qui s’est engagé à ne pas modifier le niveau de sa participation pendant trois ans, apportera un financement additionnel de 150 millions de dollars sur cinq ans afin d’accélérer le développement de tests de profil génomique destinés à des immunothérapies et de stimuler les ventes de Foundation Medicine. La société conservera son équipe dirigeante, mais le groupe suisse, qui détiendra entre 52,4% et 56,3% du capital sur une base totalement diluée, nommera trois représentants au conseil d’administration qui passera à neuf membres, contre cinq actuellement.
Roche financera l’opération sur sa trésorerie et via une émission obligataire. Soulignant qu’il est «très difficile» de traduire en chiffres les effets de cet investissement sur le compte de résultat du groupe suisse à moyen terme, les analystes de Bryan Garnier anticipent «un impact légèrement dilutif sur son bénéfice par action 2015».
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