Rio Tinto prend acte de la fin de l’âge d’or des matières premières
Rio Tinto serre les boulons. Dans un contexte marqué tant par le repli des prix des matières premières que par des perspectives macroéconomiques moroses, particulièrement en Europe et aux Etats-Unis, le géant minier australien se devait selon son directeur général Tom Albanese de «prendre de nouvelles mesures strictes afin de compenser l’insoutenable hausse des coûts de ces dernières années».
De fait, le groupe a dévoilé hier son intention de réduire ses dépenses d’exploitation de plus de 5 milliards de dollars en 2014 par rapport à celles de 2012, sur la base de conditions de marchés et opérationnelles inchangées d’ici là. Qui plus est, Rio Tinto va ralentir le rythme de ses investissements de 2 milliards d’ici fin 2013, mettant en avant sa volonté de concentrer ses efforts sur «les opportunités les plus rentables» tout en respectant le calendrier des principaux projets.
Le groupe minier estime ainsi démontrer sa capacité d’adaptation. Il entend dans ce cadre privilégier le minerai de fer (44% du chiffre d’affaires en 2011), notamment grâce à ses mines australiennes. Tom Albanese a précisé qu’en parallèle l’essentiel des économies à venir se feront dans les activités d’aluminium et de charbon.
Ces deux activités ne sont pas rentables actuellement, et il serait irresponsable de tabler sur un net redressement des prix des matières premières, comme le souligne Prasad Patkar. Ce gérant australien interrogé par Bloomberg résume parfaitement la situation en indiquant qu’«après une décennie de cours élevés et une attention portée exclusivement à augmenter la production sans se soucier des coûts, il doit y avoir de nombreuses solutions pour se serrer la ceinture». Le gérant assure que des fermetures de mines sont à prévoir, comme BHP Billiton l’a déjà fait dans le charbon.
Certes la Chine, premier consommateur mondial de minerai de fer et principal client de Rio Tinto, représente un rayon de soleil dans un panorama morose à court terme. Le groupe se dit «prudemment optimiste» pour une économie chinoise qui montre déjà d’indéniables signes de reprise et devrait afficher une croissance de plus de 8% l’an prochain. A plus long terme, le groupe affiche sa confiance, sur fond d’une urbanisation des marchés émergents susceptible de «générer une forte croissance de la demande pour un grand nombre de matières premières», d’autant que le rythme de hausse de l’offre devrait être moindre.
Plus d'articles du même thème
-
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
Roundhill met au point un ETF pour protéger les portefeuilles face à l’IA
Le fonds, à gestion passive, réplique l’indice Akros U.S. Heavy Assets Low Obsolescence, sélectionnant 100 sociétés américaines à forts actifs physiques
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Printemps franco-algérienDZ mafia, coopération judiciaire et Christophe Gleizes au programme de la visite de Gérald Darmanin à Alger
Le garde des Sceaux entend « revenir avec des informations et des noms » de profils dangereux du narcotrafic qui se sont mis à l'abri en Algérie -
Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas, a été tué lors d’une frappe israélienne
Samedi 16 mai, Israël a indiqué avoir tué, vendredi, par une frappe ciblée, Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas et l’un des responsables de l'attaque du 7-Octobre -
L’Iran affirme discuter avec des pays européens pour franchir le détroit d’Ormuz
« Des [pays] Européens ont entamé des négociations avec la marine des gardiens de la révolution » pour traverser le passage, a indiqué la télévision d’État iranienne. Les noms des pays concernés n’a pas été précisé et, pour l’heure, aucun pays européen n’a confirmé cette déclaration de Téhéran