Rio Tinto paye le rachat d’Alcan par une perte historique en 2012
Le groupe minier anglo-australien avait certes préparé le terrain, mais la perte nette historique de 3 milliards de dollars annoncée hier pour 2012, après un bénéfice de 5,83 milliards en 2011, a de quoi inquiéter sur les perspectives d’activité de Rio Tinto. Et la chute des prix des minerais de fer de 23% n’explique pas tout. Sur les quelque 14,4 milliards de dépréciations passées et qui ont fait tomber la tête du directeur général Tom Albanese lors de leur annonce le mois dernier, le rachat d’Alcan en 2007 n’a jamais pesé aussi lourdement.
Le rachat pour 38,1 milliards de dollars, qui offrait une prime de 65%, a non seulement été réalisé sur des niveaux de cours de l’aluminium au plus haut depuis vingt ans, mais a également entrainé une explosion de la dette nette du groupe à 46,3 milliards, soit 94,5% de ses ventes. Et l’ancien directeur d’Alcan Dick Evans de qualifier l’opération, dans un entretien au Wall Street Journal, comme étant «la plus mauvaise jamais réalisée, la plus importante de l’histoire mondiale du secteur des métaux et des mines réalisée au plus haut du cycle des prix des matières premières».
Souhaitant faire table-rase de l’ère Tom Albanese, le nouveau directeur du groupe indique que «sous mon mandat, Rio Tinto aura pour priorité absolue de créer plus de valeur pour les actionnaires (…) et d’offrir des rendements bien supérieurs au coût du capital ». Sam Walsh s’est également engagé dans un programme ambitieux de cessions d’actifs non stratégiques et de réduction des coûts de 5 milliards de dollars d’ici fin 2014. Rio Tinto aurait en outre réuni une équipe de choc pour préparer une introduction en Bourse de ses activités d’aluminium en Australie et Nouvelle-Zélande qui pourrait lui rapporter 2 milliards.
Sam Walsh peut s’appuyer sur une performance sous-jacente qui reste solide. En effet, si le résultat d’exploitation, qui ne tient pas compte des éléments exceptionnels, a chuté de 40% à 9,3 milliards en 2012, il ressort supérieur aux prévisions du consensus. Rio Tinto compte notamment sur le rebond de l’activité en Chine ainsi que sur son projet d’exploitation en Mongolie pour enrayer la chute de 16% de ses ventes, à 50,97 milliards.
Le groupe en profite même pour distribuer un dividende annuel de 1,67 dollar par titre, supérieur au consensus qui tablait sur un dividende de 1,58 dollar, et de 15% à celui distribué en 2011.
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