Rio Tinto n’en finit pas de solder l’héritage Alcan dans l’aluminium
Quatre ans après l’acquisition «désastreuse et surévaluée» selon les qualificatifs de Sky News Australia d’Alcan par Rio Tinto pour 38 milliards de dollars, l’opération suscite toujours des remous au sein du géant minier. Le groupe anglo-australien, qui a déjà récolté 11 milliards de dollars depuis 2008 de la vente d’actifs hérités du spécialiste canadien de l’aluminium, a dévoilé hier, à l’issue d’une revue stratégique, un nouveau projet de cession de treize sites à travers le monde, dont trois en France. Des actifs dont la valeur pourrait atteindre 8 milliards de dollars selon une étude prospective publiée le mois dernier par Deutsche Bank.
Six actifs australiens et néo-zélandais seront regroupés au sein d’une entité dédiée, Pacific Aluminium. Les autres actifs sont situés en France (Gardanne, Beyrède et La Bâthie comme l’a confié un porte-parole à l’AFP), aux Etats-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni. Ces sites de production disposent d’un réel potentiel industriel mais ne sont plus en adéquation avec la stratégie du groupe, selon le directeur général Tom Albanese. Rio Tinto a tenu à souligner que ce recentrage sur des actifs «de haute qualité» du pôle aluminium ne se fera pas dans l’urgence, la solidité du bilan du groupe lui permettant de choisir «la méthode et le calendrier les plus appropriés».
Tom Albanese a cru bon de préciser que le processus ne serait donc pas achevé «avant une amélioration du climat économique». Le groupe n’a pas souhaité indiquer si des contacts avaient déjà été noués avec des prétendants, mais la directrice générale de Rio Tinto Alcan, Jacynthe Côté, a indiqué que les autres pistes envisagées passent par la cotation des actifs scindés.
En ne conservant ainsi à terme dans l’aluminium qu’essentiellement ses activités canadiennes plus rentables, Rio Tinto veut de l’avis des observateurs renforcer la prééminence accordée au minerai de fer, une véritable «vache à lait» selon un analyste cité par Reuters. Deutsche Bank rappelait en effet en septembre qu’alors que l’objectif est de doubler la marge dans l’aluminium à 40% d’ici 2015 (renouant avec son niveau de 2005), celle sur le minerai de fer est aujourd’hui de 70%. Ce manque relatif de rentabilité, qui justifie l’initiative de Rio Tinto, pourrait décourager d’autres acteurs de premier plan, au bénéfice de groupes miniers d’envergure relativement plus modeste, pourquoi pas chinois.
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