Rio Tinto entend afficher sa confiance en relevant d’un tiers le dividende

Le groupe minier a pourtant publié des résultats en repli, marqués par une dépréciation d’actifs plus importante que prévu dans l’aluminium
Benoît Menou

Dans un secteur minier animé par le projet d’union entre Glencore et Xstrata, le discours des actuels maîtres du jeu est scruté à la loupe. Même si ce rapprochement ne constitue pas, selon l’analyste Peter Chilton de Constellation Capital Management, une «menace» pour des concurrents comme Rio Tinto ou BHP Billiton qui poursuivent «leurs propres stratégies». Rio Tinto a ainsi agréablement surpris hier en annonçant vouloir relever d’un tiers son dividende 2011 (+34% à 1,45 dollar par action).

Selon le propre communiqué de Rio Tinto, ce geste «reflète la confiance dans les perspectives à long terme». Il n’en faut pas moins pour rassurer les investisseurs, d’autant que Rio Tinto n’a pas renforcé son programme de rachat de titres de 7 milliards de dollars arrivant à terme d’ici fin mars. La veille, BHP Billiton avait déçu en maintenant inchangé son dividende intérimaire à la lumière de résultats du premier semestre fiscal en modeste repli.

Les investisseurs sont échaudés par la volatilité des prix des matières premières et par un horizon économique mondial notamment marqué par le ralentissement de la Chine. Les deux géants miniers se sont accordés pour évoquer un impact d’une moindre demande de ce consommateur majeur de minerais.

Rio Tinto a ainsi concédé un repli de 6% de son bénéfice sous-jacent au second semestre 2011, à 7,77 milliards de dollars, soutenu par le minerai de fer. Mais les comptes ont avant tout été marqués par de lourdes dépréciations d’actifs, supérieures aux attentes, d’un montant de 9,3 milliards de dollars dont 8,9 milliards dans l’aluminium sous le coup d’un plan de cession d’actifs. Une désillusion, après le rachat d’Alcan en 2007 pour 38 milliards, qui a incité le directeur général Tom Albanese et le directeur financier Guy Elliott à renoncer à leur bonus annuel.

Le patron de Rio Tinto, qui s’est dit soucieux de l’augmentation des coûts, a tout de même tenu à souligner que la nouvelle hausse prévue des investissements cette année (16 milliards, en attendant mieux, après 12,3 milliards en 2011 et 4,6 milliards en 2010) était susceptible de nourrir le «programme de création de valeur le plus important au sein du secteur». Qui plus est, le groupe conserve une puissance de feu suffisante selon les analystes pour étudier toute opportunité de croissance externe.

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