Rhodia met l’accent sur les énergies renouvelables et les pays émergents

Le chimiste investira 200 millions d’euros dans les énergies biologiques d’ici à 2015. A cette date, les émergents représenteront 60 % de ses ventes
Yves-Marc Le Réour

Lors de la journée d’échanges avec les investisseurs qui s’est tenue hier, Rhodia a détaillé ses axes de croissance à l’horizon 2015, en se fixant comme principaux objectifs une contribution accrue des pays émergents (Asie, Amérique latine) et des projets liés au développement durable. Les zones à forte croissance qui représentent actuellement environ la moitié des ventes du groupe contribueraient «à hauteur de 60% du total d’ici 5 ans», sachant qu’elles capturent déjà 70% de ses investissements de capacité à l’heure actuelle.

Sur les 250 millions supplémentaires d’excédent brut d’exploitation (EBE) attendus dans les 3 à 5 ans, 40% proviendront de la croissance organique, 40% émaneront d’acquisitions, le dernier levier provenant «de l’innovation orientée vers le développement durable». Rhodia accélère en effet ses investissements dans les énergies vertes. Le chimiste a ainsi annoncé en début de semaine la création dans le Rhône, en partenariat avec Solairedirect et Ofi Asset Management, d’une centrale photovoltaïque (2 millions de KWh), opérationnelle fin 2011.

Selon les informations communiquées hier, Rhodia Energy Services, le pôle dédié, compte investir à lui seul jusqu'à 200 millions d’euros d’ici 2015 dans la production d'énergies tirées de matériaux biologiques, un marché à forte croissance. Réalisés sous forme de participations minoritaires dans des projets d’environ 15 ans, ces développements devraient permettre «de dégager un retour sur investissement supérieur à 15%».

Ce niveau est un peu en dessous du taux moyen de 20 à 25% visé par l’ensemble du groupe pour des investissements qui devraient représenter environ 3% de son chiffre d’affaires consolidé d’ici à 2015. La part des investissements de croissance atteindra 55% du total contre 40% seulement jusqu’ici. Ceci ne devrait pas compromettre sa situation financière puisque le chimiste se fixe un ratio de dette nette sur EBE récurrent de 1,5 fois, très proche du ratio de 1,2 fois de fin septembre. Le groupe a enfin annoncé qu’à partir de 2011, son reporting financier sera établi sur la base de cinq pôles (Consumer Chemicals, Polyamide Materials, Advanced Materials, Acetow & Eco Services, Energy Services) regroupant onze entités opérationnelles («global business units»). L’action du groupe chimique a terminé la séance boursière d’hier en forte hausse (+7%) à 21,8 euros.

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