RFF est dans l’incapacité d’autofinancer ses investissements massifs
Les comptes annuels de RFF publiés hier témoignent d’une évolution préoccupante de sa situation financière. Le gestionnaire du réseau ferré français a tout d’abord enregistré une perte nette consolidé de 60 millions d’euros l’an dernier, contre un bénéfice symbolique de 2 millions dégagé en 2012, dans un contexte de ralentissement des volumes affectant à la fois l’activité voyageurs (-2%) et le fret (-3%).
Mais c’est surtout le bond (+44,5% à 7,8 milliards) des investissements totaux consacrés à la rénovation et à la modernisation du réseau qui a pesé sur la structure de bilan du groupe public, incapable de les autofinancer en totalité.
Outre le développement des nouvelles lignes à grande vitesse (LGV), ces investissements visent à améliorer la sécurité des infrastructures et les déplacements domicile-travail, particulièrement en Ile-de-France qui concentre 70% des voyageurs quotidiens. La dette nette de RFF a donc continué à augmenter pour atteindre 33,7 milliards à fin 2013 (+7% sur un an). Pour mémoire, lors de sa création en 1997, l’entreprise avait repris 20,5 milliards de dette à la SNCF.
La dette financière brute de RFF (36,4 milliards à fin 2013) est par ailleurs composée à 80% de maturités supérieures à 5 ans, principalement financées grâce à des émissions obligataires. Le groupe a levé l’an dernier «4,9 milliards d’euros en 30 opérations sur une maturité moyenne de plus de 17 ans». Sa dette est principalement à taux fixe (83%), le reste étant à taux variable (11%) ou indexé à l’inflation (6%). Grâce au niveau très bas des taux d’intérêt, le coût moyen de la dette ressort à 4,13% contre 4,56% en 2012.
«La constitution d’un groupe public ferroviaire intégré rassemblant un gestionnaire de transport de plein exercice et une entreprise de mobilités devra permettre de stopper l’accroissement de la dette», espère RFF. Mais cette réforme ferroviaire, qui doit être examinée au cours du printemps par le Parlement, n’empêchera pas la dette de croître jusqu’en 2016, année de mise en service de la première des quatre LGV.
La situation financière de RFF bloque de surcroît une modification significative du mode de calcul des péages versés par la SNCF, ce calcul ne tenant pas compte du taux de remplissage des TGV. L’opérateur ferroviaire a subi une hausse de plus de 50% des redevances payées à ce titre depuis 2007, ce qui a pesé sur sa propre rentabilité.
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