Repsol examine aujourd’hui une proposition de conciliation de l’Etat argentin
Plus d’un an après la nationalisation de sa filiale argentine YPF, le conseil d’administration de Repsol doit examiner aujourd’hui une offre de dédommagement en nature faite par Buenos Aires, selon des sources concordantes proches du dossier. Si un règlement à l’amiable permettrait au pétrolier espagnol de mettre un terme à des procédures judicaires longues et incertaines, le groupe doit néanmoins veiller à préserver ses intérêts financiers par rapport au coût de son expropriation, chiffré à 10,5 milliards de dollars pour sa part de 57,4% dans YPF.
Le projet soumis au conseil de Repsol prévoirait que le groupe reçoive 47% d’une nouvelle entité ayant des droits d’exploitation sur une petite partie du gisement géant de pétrole et gaz de schiste de Vaca Muerta en Argentine. YPF contrôlerait 51% de cette coentreprise, tandis que 2% du capital seraient alloués au pétrolier mexicain Pemex, troisième actionnaire de Repsol avec une participation de 9,4%. L’Etat argentin émettrait par ailleurs 1,5 milliard de dollars d’obligations au profit du pétrolier espagnol qui s’engagerait à réinvestir cette somme dans le pays.
Ce montage, qui permettrait à Pemex de développer une expertise technique applicable à ses réserves domestiques d’hydrocarbures, a été élaboré en accord avec la Caixa et Sacyr, respectivement premier et deuxième actionnaire de Repsol avec 12,2% et 9,5% du capital. Le problème est que cela correspond à un dédommagement de 5 milliards de dollars, relèvent les analystes de Bankia. Ils ajoutent que ce montant «est inférieur à la valeur comptable de la part auparavant détenue par Repsol dans YPF, qui équivaut à 7,2 milliards de dollars, et à la valorisation de 9 milliards de dollars retenue dans les statuts de YPF».
Outre des procédures ouvertes l’an dernier aux Etats-Unis, en Espagne et en Argentine, Repsol a logé une demande d’arbitrage auprès du Cirdi, le tribunal arbitral de la Banque mondiale. «Si nous approuvons l’intensification des négociations avec l’Argentine, nous croyons que la probabilité est faible de voir Repsol accepter une transaction qui nécessite d’investir davantage dans ce pays», commente le bureau d’analyse de la banque Espirito Santo.
Sceptiques envers un compromis qui n’apporterait pas à Repsol une indemnisation à sa juste valeur, les analystes de la Société Générale s’inquiètent aussi de «l’interférence apparemment renouvelée» de ses grands actionnaires dans ce dossier.
Plus d'articles du même thème
-
Le fonds américain KKR s’implante en Italie
La société d’investissement, qui a engagé plus de 10 milliards d’euros depuis 2005 dans la péninsule, ouvre un premier bureau à Milan. -
Quinze ans après la pizza à 10.000 bitcoins, la crypto entre dans l’ère de la confiance
Benoit Boudier, directeur France de Boerse Stuttgart Digital, estime que l'adoption des cryptoactifs est en marche et passera par les banques. -
Le royalty financing s'impose comme un outil de trésorerie pour toute la pharma
L'accord de 1,3 milliard de dollars entre Blackstone Life Sciences et la biotech américaine Apogee Therapeutics illustre la maturité d'un modèle de financement non dilutif, qui séduit désormais au-delà des start-up en quête de survie jusqu'aux plus grands labos.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- La Société Générale est la seule banque française retenue par SpaceX pour son IPO
- Arkema et Solvay ont adopté des stratégies de croissance divergentes
- Richemont surnage dans un secteur du luxe à l’arrêt
- BP renvoie son président pour des «manquements inacceptables»
- Avec Redion, Generali crée un géant de l’assistance et des avantages aux salariés
Contenu de nos partenaires
-
Oman dans le viseur de Donald Trump : menace réelle ou lapsus diplomatique ?
Lors d'une allocution le 27 mai, Donald Trump a surpris jusque dans son propre camp en menaçant de « pulvériser » Oman, pourtant allié historique de Washington. Manifestement, le président aurait (encore) confondu deux pays -
Plan de départsPneus asiatiques, pression fiscale : pourquoi Michelin veut supprimer 1 500 emplois
Le leader français des pneus a annoncé ce jeudi un nouveau dispositif de départs volontaires, sur fond de conjoncture dégradée par les tensions macroéconomiques -
Le cercle des initiésLe déroutant virage électrique de Ferrari
L’Agefi et l’Opinion passent toutes les semaines au laser des entreprises ou des secteurs qui ont fait l’actualité