Repsol a comblé l'écart de valorisation créé par son expropriation en Argentine
Repsol a retrouvé une nouvelle jeunesse après la nationalisation au printemps 2012 de sa filiale argentine YPF. Le groupe pétrolier espagnol se serait passé de cette mésaventure dont il estime le préjudice à 10,5 milliards de dollars, mais cette expropriation l’a contraint à mener une réforme complète de sa stratégie, aujourd’hui saluée par les investisseurs. Le fonds souverain de Singapour, Temasek, a d’ailleurs consacré cette transformation réussie en rachetant 5% du capital de Repsol détenus en autocontrôle, portant ainsi sa participation totale à 6,3%.
Le groupe récupère ainsi un peu plus d’un milliard d’euros. Il supprime également le risque d’afflux de titres sur le marché qui pesait depuis quelques mois. Ces actions avaient été acquises par le groupe pétrolier fin 2011 auprès de Sacyr, alors en proie à des difficultés financières. La moitié du bloc avait été placée sur le marché en janvier 2012.
Avec cette opération, le programme de cessions d’actifs de Repsol atteint déjà 4 milliards d’euros, bien plus que les 2,2 milliards initialement envisagés il y a à peine un an lors de la nationalisation de YPF. Le groupe n’a d’ailleurs quasiment plus rien à vendre. Mais, à la différence de plusieurs de ses concurrents européens contraints de vendre des actifs pour financer leurs investissements dans l’exploration-production, Repsol bénéficie d’un bilan suffisamment solide pour assumer sa stratégie: profiter des cash flow de l’aval pour financer le développement dans l’amont. L’objectif du groupe vise à accroître de 10% par an en moyenne sa production entre 2013 et 2016, largement au-dessus des performances attendues des majors européennes et de la moyenne du secteur, autour de 2%.
Pour parachever sa transformation, la direction de Repsol doit régler dans les prochaines semaines la question de la conversion des actions préférentielles, émises en 2001. Afin d’éviter une dilution des actionnaires, le groupe envisage de les transformer en obligations classiques à long terme (plain-vanilla bond), d’au moins 10 ans. Ces actions de catégorie B et C ont une valeur nominale de 3 milliards d’euros. L’opération pourrait générer une plus-value potentielle de 600 millions d’euros selon Credit Suisse et elle renforcerait un peu plus le bilan du groupe, les titres étant aujourd’hui considérés comme de la dette par les agences de notation.
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