Renault veut rassurer sur les suites de la fausse affaire d’espionnage
Démis de ses fonctions le 12 avril à la suite de la fausse affaire d’espionnage, Patrick Pélata n’a toujours pas de successeur à la direction générale opérationnelle de Renault. Vendredi, lors de l’assemblée générale du constructeur, finalement calme, Carlos Ghosn, le PDG du groupe, a simplement indiqué que le comité des nominations avait engagé le processus de recrutement. Il souhaite aboutir, sans plus de précision, dans des «délais compatibles avec le fonctionnement normal d’une entreprise comme Renault».
Plusieurs noms commencent à circuler, notamment ceux de Philippe Klein, actuel directeur général adjoint en charge du plan, et de Dominique Thormann, le directeur financier. Sans citer quiconque, Marc Ladreit de Lacharrière, le président du comité des nominations, a indiqué que la personne devra présenter les «qualités et l’expérience nécessaires à la conduite d’une entreprise comme Renault» et que celles-ci devront «être reconnues aussi bien à l’intérieur du groupe qu’auprès des actionnaires». Ces derniers ont visiblement besoin de réponse. Depuis février, l’action Renault fait moins bien que l’indice DJ Auto. Une contreperformance de 10%, pas seulement due au choc du Japon puisque dans le même temps l’action Toyota perd 1% et que, comme l’affirme le groupe, les objectifs ne sont pas remis en cause.
«C’est l’ensemble de l’entreprise qui est engagée dans la réalisation du nouveau plan stratégique de l’entreprise», a assuré le PDG de Renault. Et même s’il reconnaît interroger chaque semaine ses collaborateurs pour savoir si «l’affaire a entraîné un freinage au niveau commercial», les chiffres montrent le contraire, assure la direction. En revanche, en interne, les nombreuses enquêtes montrent que l’opinion négative des salariés sur leur entreprise a progressé. Aujourd’hui, les avis négatifs et positifs sont au même niveau.
Quant à la question de sa démission, Carlos Ghosn a préféré laisser répondre le président du comité des nominations. «A l’unanimité, le comité a fait savoir qu’il n’y avait aucune raison de proposer la démission du PDG», a répondu laconiquement Marc Ladreit de Lacharrière. Le groupe a assuré que les dédommagements versés aux cadres injustement licenciés seront couverts par le renoncement de Carlos Ghosn et de trois hauts dirigeants à leur bonus au titre de 2010 et à l’absence de versement de stocks options. Une réponse qui a reçu quelques timides applaudissements.
Plus d'articles du même thème
-
La saison 2026 des assemblées générales est placée sous le signe des successions
Les assemblées générales du SBF 120 constituent un test de confiance pour les dirigeants. Le taux d’approbation de la nomination ou de la réélection de la cinquantaine de présidents, directeurs généraux ou PDG sera particulièrement scruté. -
La Suisse publie sa proposition de loi «too big to fail» sur mesure pour UBS
Si le texte est voté, les filiales étrangères des groupes bancaires systémiques devront intégralement être couvertes par des capitaux propres. UBS, la seule banque concernée, s’insurge contre cette mesure. -
Kiloutou lance une obligation senior garantie de 800 millions d'euros
Le produit de l'opération, ainsi que la trésorerie disponible, serviront à refinancer les obligations à taux variable du groupe arrivant à échéance en 2030.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- TotalEnergies annonce la couleur avant ses résultats trimestriels
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- Bouygues, Free et Orange entrent en discussions exclusives pour racheter SFR
- CNP Assurances se lance dans l’assurance vie 100% en ligne
Contenu de nos partenaires
-
RaccourciPas de plan « Grand âge » : ce patron qui refuse le fatalisme et l’immobilisme
En l’absence d’action de l'Etat, Guillaume Richard, PDG du groupe Oui Care, a lancé sa propre feuille de route -
C'est loin mais c'est beauGabriel Attal la joue « tradi » pour son entrée en campagne
Il veut tout casser, sauf les codes d'une entrée en campagne. Le leader de Renaissance assure vouloir prendre le temps avant de se déclarer à la présidentielle. « Il faut conserver une forme de sacralité », explique-t-il -
Mamma mia !En Italie, pas de miracle économique pour Meloni
Restée sous procédure européenne pour déficit excessif, fragilisée par une croissance atone et par la crise d’Ormuz, l’Italie voit se refermer les marges que la présidente du Conseil espérait utiliser avant les législatives de 2027