Renault prépare une nouvelle feuille de route
Malgré des perspectives assez prudentes pour l’exercice en cours, l’excellente année 2016 réalisée par Renault a rendu caduc son plan stratégique «Drive the Change» lancé en 2011. Alors qu’il s’était fixé un objectif de chiffre d’affaires de 50 milliards d’euros accompagné d’une marge opérationnelle supérieure à 5% à l’horizon 2017, le constructeur français a vu l’an dernier son chiffre d’affaires bondir de 13,1% à 51,24 milliards (+17% à taux de changes constants) et sa marge atteindre 6,4%.
Le groupe proposera au titre de l’exercice écoulé un dividende de 3,15 euros par action, en hausse de plus de 31% d’un an sur l’autre. Intervenue le 28 décembre dernier, la première consolidation par intégration globale du russe Avtovaz n’a pas eu d’impact sur son compte de résultat. Elle a en revanche minoré de 30,7% sa position nette de liquidité qui ressort à 2,7 milliard d’euros.
Pour 2017, le constructeur prévoit un marché automobile mondial en progression de 1,5% à 2%, tiré par une croissance de 5% en Chine et de 8% en Inde, contre +2% en Europe. Sans fournir d’objectifs quantitatifs, il compte accroître son chiffre d’affaires à taux de change constants hors impact d’Avtovaz, augmenter sa marge opérationnelle en euros et générer un cash-flow libre opérationnel positif dans son activité automobile.
Renault présentera en octobre un nouveau plan pour la période 2017-2022, élaboré en concertation avec ses partenaires Nissan et Mitsubishi. Il s’est déjà fixé l’ambition d’atteindre à l’échéance de ce plan un chiffre d’affaires de 70 milliards d’euros et une marge opérationnelle de 7%. Le groupe compte aussi dégager sur cette période un cash-flow libre opérationnel «positif chaque année» dans l’automobile.
Son PDG Carlos Ghosn a souligné que la structure capitalistique de l’alliance avec Nissan ne changera pas tant que Paris conservera sa participation de 19,7% dans Renault. «Le jour où l’Etat français décide de sortir, tout est ouvert, et je peux vous dire que ça ne traînera pas», a ajouté le dirigeant.
Avec une action qui se négocie 6,1 fois les bénéfices attendus en 2017, «Renault reste l’une des grandes capitalisations boursières les plus attrayantes dans l’automobile grâce à la commercialisation de nouveaux véhicules, à la reprise des marchés émergents et aux économies significatives découlant des synergies avec Nissan», jugent les analystes de Kepler Cheuvreux.
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