Renault pâtit de la comparaison avec son rival PSA
Les marchés n’ont pas apprécié les résultats annoncés par Renault, faisant chuter son titre de plus de 7% alors que celui-ci avait pris 49% depuis le début de l’année. Le constructeur automobile de Boulogne-Billancourt a pourtant présenté de bonnes données semestrielles : un chiffre d’affaires en hausse de 12% à 22,2 milliards d’euros et un bénéfice net part du groupe en augmentation de 86% pour atteindre 1,4 milliard d’euros.
De plus, le constructeur devrait atteindre plus rapidement que prévu son objectif de marge opérationnelle de 5% attendu pour 2017 dans son plan «Drive the change», selon Dominique Thormann, directeur financier du groupe.
Le fait est que la marge opérationnelle de la branche automobile n’atteint que 3,1% actuellement contre 5,02% pour son rival PSA, dont les résultats, publiés un jour avant ceux de Renault, ont agréablement surpris les analystes. La marque au lion revient en effet de loin en ayant présenté pour la première fois depuis quatre ans un résultat net positif de 720 millions d’euros et un free cash-flow de 2,78 milliards d’euros, contre un free cash-flow négatif de 95 millions d’euros pour Renault, soit des résultats bien supérieurs aux objectifs de marge de 2% et de flux de trésorerie de 2 milliards d’euros prévus dans son plan «Back in the race» (2015-2017). Des performances qui avaient valu sur le coup un bond de 5,3% de l’action PSA.
«Les résultats de Renault ne traduisent pas la même amélioration opérationnelle» résume Morgan Stanley. La rentabilité moindre de la marque au losange s’explique, entre autres, par un ralentissement de la réduction de ses coûts mais surtout par la liquidation graduelle de vieilles gammes de voitures (Laguna, Mégane et Scénic) à des prix de ventes rabaissés, ce qui a représenté un manque à gagner de 283 millions d’euros sur le semestre.
Enfin, les résultats montrent une dépendance croissante de Renault au marché européen, qui représente dorénavant 62% des ventes contre 57% il y a un an, en raison du ralentissement économique des trois principaux marchés émergents de la marque, que sont la Chine, le Brésil et la Russie. Le constructeur profite par ailleurs du succès de modèles qu’il fabrique pour d’autres marques, comme la Smart FourFour de Daimler ou la Rogue de Nissan.
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