Le groupe a confirmé qu’une introduction en Bourse de ses activités électriques pourrait être effectuée, le cas échéant, au cours du second semestre de 2023.
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Julien Marion, Agefi-Dow Jones
A la Bourse de Paris, l’action Renault a cédé 1,34% à 23,21 euros vendredi.
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Photo Yannick Brossard
Le constructeur automobile Renault a confirmé jeudi ses prévisions pour l’exercice 2022, après avoir publié un chiffre d’affaires en baisse au premier trimestre, lesté par la crise des semi-conducteurs et la chute de son activité en Russie. Les efforts du groupe sur sa politique de prix lui ont toutefois permis de limiter ce recul en valeur et de dépasser les attentes du marché.
En 2022, Renault compte toujours dégager une marge opérationnelle d’environ 3% et un flux de trésorerie libre positif pour l’activité automobile. Le directeur financier, Thierry Piéton, a néanmoins indiqué, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes, que cette dernière prévision pouvait être considérée comme «prudente».
Le groupe avait été contraint le mois dernier d’abaisser ses perspectives après avoir annoncé la suspension de ses activités en Russie et l’évaluation de ses options concernant sa participation de 68% dans le constructeur russe Avtovaz. Thierry Piéton a expliqué, sur ce dernier point, que les «négociations [étaient] en cours avec les autorités russes et [progressaient]».
L’entreprise a par ailleurs confirmé s’attendre à subir cette année une perte de production de l’ordre de 300.000 véhicules en raison de la pénurie de semi-conducteurs, principalement au premier semestre.
Hausses de prix
Renault a livré ces commentaires et confirmé ces perspectives alors que ses revenus du premier trimestre ont baissé sur un an. Sur la période allant de janvier à mars, le chiffre d’affaires de l’industriel s’est inscrit à 9,75 milliards d’euros, contre 10 milliards d’euros pour la période correspondante en 2021, soit un recul de 2,7% en données publiées. A taux de change et périmètre constants, la baisse du chiffre d’affaires au premier trimestre s’établit à 0,7%.
Le chiffre d’affaires d’Avtovaz, la filiale russe du groupe, a chuté de 23,1% à 527 millions d’euros, pénalisé par les répercussions du conflit en Ukraine à partir de la fin février. Renault Russie a de son côté limité le recul de ses revenus à 2,1%, grâce à des opérations de déstockage et de hausses des prix.
Renault a néanmoins dépassé les attentes des analystes qui tablaient en moyenne sur un chiffre d’affaires de 9,16 milliards d’euros, selon un consensus réalisé par FactSet.
Les revenus ont été tirés par les mesures prises par Renault pour augmenter les prix, qui ont eu un impact positif de 5,6 points de pourcentage sur le chiffre d’affaires de l’automobile, hors Avtovaz et Renault Russie. Le groupe a notamment réorienté son activité commerciale vers les canaux les plus rentables, comme les particuliers. La part des ventes aux particuliers dans les cinq principaux pays (France, Allemagne, Espagne, Italie, Royaume-Uni) du groupe est ainsi passée à 69%, contre 54% au premier trimestre 2021.
Le constructeur continue par ailleurs de déplacer son centre de gravité vers les modèles plus rémunérateurs, notamment ceux du segment C, celui des monospaces compacts. Ce segment a représenté 30% des ventes au premier trimestre, en hausse de 3 points de pourcentage sur un an.
Les ventes mondiales du groupe ont, elles, chuté de 17,1% à 552.000 véhicules, atteignant leur plus bas niveau pour un premier trimestre depuis les trois premiers mois de 2009, époque où les ventes de la marque russe Lada n’étaient pas consolidées.
A la Bourse de Paris, l’action Renault a cédé 1,34% à 23,21 euros vendredi. Stifel juge néanmoins «rassurante» la publication du groupe.
Une IPO des activités électriques envisagée en 2023
Le constructeur étudie actuellement l’opportunité de rassembler, d’une part, ses activités et technologies 100% électriques dans une entité spécifique en France, et d’autre part, de réunir les activités thermiques et hybrides basées hors de France dans une autre entité.
Thierry Piéton a expliqué que l’ensemble des options à disposition du groupe allaient d’une simple présentation séparée des comptes des deux entités à une introduction en Bourse des activités électriques qui serait effectuée, le cas échéant, au cours du second semestre de 2023. Le dirigeant a également déclaré que les activités thermiques et hybrides avaient attiré «beaucoup d’attention de la part de partenaires» depuis l’annonce du groupe, en février.
Thierry Piéton a de plus assuré que Nissan «était dans la boucle», et travaillait avec Renault sur ce projet, même si le dirigeant n’a pas précisé comment l’allié japonais de Nissan pourrait y participer. Le directeur financier a également expliqué qu’il était «trop tôt» pour évoquer de potentiels changements de structure dans l’Alliance, qui seraient consécutifs à ce projet.
Renault donnera davantage de détail sur cette potentielle séparation de ses activités à l’occasion de sa journée dédiée aux investisseurs, prévue à l’automne.
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