Renault dissipe l’incertitude autour de sa direction opérationnelle
Carlos Ghosn a désormais un copilote. Le PDG de Renault a nommé Carlos Tavares pour le seconder en le plaçant aux commandes d’une direction générale déléguée aux opérations «recentrée». Bien qu’il reste encore à préciser dans les prochaines semaines, le périmètre de ses attributions sera resserré par rapport à celui de l’ex-numéro deux, Patrick Pélata. Ce dernier a fait les frais courant avril de la fausse affaire d’espionnage industriel qui a révélé un mode de gouvernance défaillant. La prise de responsabilités de Carlos Tavares sera pleinement effective au 1er juillet. Le nouveau numéro deux disposera donc d’une période d’adaptation d’un mois bien qu’il connaisse parfaitement les rouages du secteur.
«Carlos Tavares connaît l’industrie automobile dans toutes ses dimensions : le design, l’ingénierie, la fabrication, le marketing, la vente, le déploiement international», a souligné Carlos Ghosn. L’homme appartient en effet au sérail. Diplômé de Centrale Paris et âgé de 53 ans, il a collaboré pendant vingt-trois ans pour la marque au losange où il a occupé divers postes de gestion de programmes avant de passer chez le partenaire japonais Nissan en 2004. Il était dernièrement en charge de la zone Amériques. Carlos Tavares s’est notamment distingué en parvenant à décrocher un financement de 1,6 milliard de dollars (1,12 milliard d’euros) des Etats-Unis pour la construction d’une usine de batteries et de voitures électriques dans l'état du Tennessee. Renault a confirmé l’objectif, dans le cadre du plan 2016, d’une «montée en puissance dans les nouvelles technologies, notamment dans le domaine du véhicule électrique». Colin Dodge, vice-président et responsable de la performance chez Nissan suppléera Carlos Tavares.
«La nomination de Carlos Tavares est une première étape dans le renforcement du management de Renault», a assuré Carlos Ghosn. «Pour ma part, je suis totalement engagé dans le développement de Renault et la conduite de l’alliance», a-t-il ajouté. Selon des sources au fait de la situation citées par Bloomberg, le dirigeant serait convenu avec l’Etat, premier actionnaire du constructeur (15% du capital), de consacrer plus de temps à Renault. «L’amélioration permanente de la compétitivité et le développement des sites en France constitueront une priorité», promet d’ailleurs au passage le communiqué du groupe.
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