Renault affiche une trésorerie nette industrielle de 1,5 milliard d’euros
La gestion du besoin en fonds de roulement (BFR) a fait toute la différence. Contrairement à PSA dont la dette a été faiblement réduite en raison d’un cash flow libre négatif, Renault a considérablement amélioré sa structure de bilan l’an dernier en dépit d’une évolution «très défavorable» du contexte commercial en Europe. La marge d’exploitation récurrente de l’activité automobile est ainsi devenue légèrement négative (-0,1% après +0,8% en 2011), tandis que la marge d’exploitation consolidée, qui inclut le financement des ventes par RCI Banque, est passée de 2,6% à 1,8% du chiffre d’affaires.
Mais le cash flow libre de la division automobile frôle les 600 millions d’euros grâce à une contribution positive de 922 millions du BFR. Ceci est dû à une gestion efficace de la production malgré l’augmentation des stocks et au «transfert d’un nombre important de véhicules à des revendeurs indépendants», relèvent les analystes de Cheuvreux-Crédit Agricole. Cette performance est d’autant plus remarquable que les investissements industriels ont augmenté de 21% à 2,7 milliards. La division, qui a également bénéficié du désengagement total du groupe dans Volvo, affiche donc une situation de trésorerie nette de 1,5 milliard fin 2012 contre une dette nette de 299 millions un an plus tôt.
Ce désendettement total, une première depuis l’alliance nouée avec Nissan en 1999, «devrait avoir un impact favorable sur les coûts de refinancement, ce qui est crucial dans ce secteur», commente Sascha Gommel, analyste chez Commerzbank, en ajoutant que cela accroît la probabilité d’une distribution de dividendes émanant de l’entité Renault. En effet, le dividende de 1,72 euro par action qui sera proposé par le groupe au titre de 2012, en hausse de 48% d’une année sur l’autre, «représente strictement les dividendes reçus par le groupe de ses participations dans les entreprises cotées», souligne le constructeur.
En tablant sur une contraction maximale de 3% pour le marché européen (et de 5% pour le marché français), Renault prévoit pour 2013 une hausse de ses ventes mondiales, ainsi qu’une marge d’exploitation récurrente et un cash flow libre positifs pour l’activité automobile. Avec près de 1,7 milliard de cash flow libre dégagé au cours des deux dernières années, le groupe français semble en bonne voie d’atteindre son objectif de 2 milliards sur la période 2011-2013.
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