Renault actionne tous les leviers pour restaurer sa marge automobile
Renault franchit une étape importante dans la mise en œuvre de son plan destiné à redresser la compétitivité de ses usines françaises. Signé par trois syndicats (CFE-CGC, FO et CFDT), «l’accord pour le redressement industriel de l’entreprise» a été présenté hier au comité central d’entreprise, ce qui ouvre la voie à une mise en action dans les prochaines semaines. Cet accord social doit permettre au constructeur automobile de réduire sa base de coûts fixes en France d’un montant de 400 à 500 millions d’euros.
«Le plan de compétitivité entraînera la constitution de lourdes provisions liées principalement au dispositif de dispense d’activité des carrières spécifiques (départs anticipés des ouvriers en fin de carrière). Cela pourrait représenter plusieurs centaines de millions d’euros avec un décaissement échelonné sur plusieurs années», indique Natixis. Les analystes d’UBS estiment les charges à 200 millions d’euros.
Essentiel pour le redressement du résultat opérationnel de la division automobile de Renault, déficitaire de 25 millions d’euros l’an dernier, ce plan sera accompagné d’une série de mesures devant permettre une remontée de la marge opérationnelle à 5% d’ici à 2016, en supposant une reprise progressive des volumes de vente d’ici là. Société Générale Securities attend 4,9% en 2015, dont 3,5% pour la branche automobile.
Au cours d’un récent déjeuner avec des analystes, Carlos Tavares, directeur opérationnel du groupe, et Dominique Thormann, son directeur financier, ont insisté sur les autres marges d’amélioration dont dispose le constructeur. La première sur le coût total de production des voitures, de la conception à la livraison, qui pourrait être abaissé de 3% par an via la méthode «monozukuri» d’optimisation de l’ensemble de la chaîne. Le second levier porte sur les prix de vente. La direction du groupe ne comprend pas pourquoi ses voitures se vendent moins cher que celles de Volkswagen, malgré des niveaux d’équipements équivalents.
En 2011, les modèles Renault se vendaient en moyenne 11% moins cher que ceux de Volkswagen. En 2012, l’écart de prix a été réduit à 8% par rapport à VW, et aligné sur les autres généralistes européens, PSA Peugeot Citroën et Fiat. Mais l’objectif est de réduire la différence à 5% par rapport au modèle allemand. Cela passe par le rajeunissement de la gamme et par un travail sur l’amélioration de la qualité perçue.
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