Renault accuse le coup après le retrait de Fiat Chrysler
L’action Renault chutait de près de 8% ce matin après l’annonce du retrait de la proposition de fusion de Fiat Chrysler Automobiles (FCA). Le constructeur italo-américain, dont l’action navigue en territoire neutre depuis le milieu de la matinée après avoir ouvert en baisse de 3,6%, a expliqué dans un communiqué que « les conditions politiques en France n’existent pas actuellement pour qu’une telle combinaison puisse être menée à bien », rejetant la faute sur l’Etat français.
Une accusation que Paris rejette. « Nous avons donné la priorité à l’alliance avec Nissan, qui a été conclue il y a vingt ans et qui a produit des résultats dans les achats, les investissements et à travers la réalisation de plates-formes communes. Cette relation impliquait le soutien de Nissan à l’opération de fusion entre Renault et FCA », a indiqué Bercy ce matin lors d’une conférence de presse.
Le conseil d’administration de Renault, dont la réunion s’est achevée hier vers minuit, n'était pas parvenu à prendre une décision concernant l’offre de FCA suite au souhait exprimé par les représentants de l’Etat au capital de Renault de demander un délai supplémentaire de 5 jours pour convaincre Nissan. Le ministère a rappelé que les deux administrateurs représentant le constructeur japonais au sein du conseil de Renault ont indiqué qu’ils n'étaient pas en mesure de se prononcer sur le projet. « On ne lance pas un projet de cette ampleur sur des ambiguïtés », a ajouté ce matin Bercy, qui réclamait un soutien « explicite » des Japonais. Le vote n’a donc pas eu lieu. « Si les représentants de Nissan s’abstenaient au cours d’un vote favorable du conseil, nous prenions le risque que Nissan conteste l’opération », explique le ministère.
Dans un communiqué diffusé en fin de matinée, Renault exprime « sa déception de ne pouvoir approfondir la proposition de FCA », tout en considérant la position méfiante de Nissan d’« approche constructive ». Le groupe français, dont la décote boursière depuis près d’un an est un motif de frustration pour ses actionnaires, termine sur une note optimiste en rappelant que l’offre « souligne l’attractivité de Renault et de l’Alliance ».
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