Quick concrétise son redressement en visant un refinancement obligataire
Quick s’apprête à sortir par le haut d’années difficiles. Seize mois après avoir dû restructurer sa dette, la chaîne de restauration rapide va aller tester l’appétit des investisseurs obligataires. Financière Quick, sa holding financière, a mandaté Goldman Sachs pour placer 430 millions d’euros d’obligations seniors et 155 millions d’obligations juniors, à échéance 2019. Particularité des titres: ils porteront un coupon à taux variable, une manière de protéger les souscripteurs contre une remontée des taux. S&P a attribué la note B- aux titres seniors et CCC aux juniors, qui devraient être émis d’ici une dizaine de jours.
«Le produit de ces émissions ainsi qu’une partie des liquidités du groupe serviront à rembourser les dettes existantes», indique un communiqué du numéro deux français de la restauration rapide. A fin 2013, celui-ci disposait de 76 millions de trésorerie. Détenu par Qualium, filiale de la Caisse des dépôts, le groupe franco-belge signera par ailleurs une ligne de crédit revolving de 50 millions.
Avec cette nouvelle structure de financement, le ratio de dette sur Ebitda ajusté serait d’environ 6 fois fin 2014, estime S&P. La nouvelle structure comprendrait, outre les obligations seniors et subordonnées, 0,4 milliard d’euros de crédit-bail opérationnel. A fin 2013, Quick affichait une dette financière nette de 346 millions, soit 3,4 fois l’Ebitda.
S’il réussit son pari, le groupe reviendra de loin. Quick avait vu début 2011 son nom associé à la mort d’un adolescent qui venait de déjeuner dans l’un de ses fast-foods, bien que la responsabilité du restaurant n’ait pu être établie. L’affaire avait provoqué une chute de ses ventes en France, couplée à une conjoncture maussade. Après un an de négociation et une procédure de conciliation au tribunal de commerce de Bobigny, le groupe a obtenu en décembre 2012 un rééchelonnement à 2016 et 2017 des maturités de sa dette senior amortissable (83 millions d’euros) et in fine (206 millions) et de sa dette second lien (130 millions).
L’année 2013 a signé depuis le redressement de Quick, avec une hausse de 4% des ventes à 1,07 milliard, et de 26% de l’Ebitda à 102,4 millions. Avec un refinancement en poche, Qualium pourrait alors envisager de céder une participation dont les modalités de rachat, en 2006, à Albert Frère, ont valu à la Caisse des dépôts des polémiques récurrentes. A l’automne, le fonds avait démenti discuter d’une vente à Burger King.
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