Quelle transmission pour les entreprises familiales?
Selon une étude du Conseil d’analyse économique, la transmission familiale d’une entreprise n’offre pas forcément de perspectives supérieures en matière d’orientation stratégique.
Transmettre son entreprise dans le cercle familial est souvent considéré comme un gage de pérennité. L’accompagnement du fondateur aux côté du repreneur permettrait un suivi en douceur. L’attachement affectif favoriserait une volonté beaucoup plus forte de faire prospérer son activité, sans parler de la connaissance des rouages de la société acquise souvent au fil du temps par le repreneur.
La vision semble logique. Pourtant la réalité est sensiblement différente, selon une note intitulée Faire prospérer les PME, et publiée récemment par le Conseil d’analyse économique (CAE). Dans cette note, le CAE affirme que l’entreprise, qu’elle soit transmise à un membre de la famille ou cédée en externe ne verra pas ses résultats drastiquement modifiés. «L’orientation stratégique est la même en moyenne, tandis que la rentabilité est plus faible et le risque de faillite plus élevé» dans le cadre de la transmission, écrit même le Conseil.
Pour étayer son analyse, le CAE se base sur plusieurs écrits réalisés. Il cite une étude de Slimane Haddadj et Aude D’Andria, réalisée en 1998 et qui ne note pas de différence de réorientation stratégique selon que la transmission est interne ou externe. Même si cette étude admet que la transmission familiale offre un versement de salaires plus bas (à qualifications identiques) avec, en contrepartie, une plus grande sécurité de l’emploi. Une étude de Laurent Bach démontre la même chose, ajoutant qu’il y a en général «10 points de rentabilité en moins pour les entreprises de moins de 50 salariés reprises par un membre de la famille, et une probabilité de faillite deux fois plus élevée pour les entreprises de plus de 50 salariés».
Une récente étude de l’Observatoire BPCE sur la cession-transmission des PME-ETI notait qu’en 2013 elles avaient augmenté de 8% sur un an. Sur ce total, les transmissions familiales ont bondi de 14%.
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