Qantas annule 35 appareils Boeing après sa première perte annuelle

La compagnie australienne, en pleine réorganisation, économisera 8,5 milliards de dollars d’investissements sur la base du prix catalogue
Yves-Marc Le Reour

Une hausse de 18% des coûts de carburant, un conflit social à l’automne dernier et des effets de change défavorables ont fini par miner la rentabilité de la compagnie australienne Qantas. Pour la première fois depuis sa privatisation en 1995, le transporteur aérien affiche une perte nette de 257 millions de dollars (205 millions d’euros) sur son exercice clos le 30 juin.

Cette perte annuelle s’avère légèrement supérieure aux attentes, le groupe ayant prévenu dès le mois de juin qu’il tomberait dans le rouge. Alors que sa filiale à bas coût Jetstar et son activité domestique ont été bénéficiaires, ses vols internationaux ont particulièrement souffert d’une concurrence accrue et de la morosité économique de l’Europe.

Qantas renonce de ce fait à une commande ferme de 35 Boeing 787 (surnommé «Dreamliner»), ce qui équivaut à une réduction de ses investissements de 8,5 milliards de dollars sur la base du prix catalogue. Il convertira ces avions en options, dont le total sera porté à 100 appareils B787 livrables à partir de 2016. Si cette annulation est la plus importante subie à ce jour par Boeing sur son «Dreamliner», l’avionneur américain touchera «plus de 300 millions de dollars de dédommagements» et cette décision n’affectera pas la livraison de 15 aéronefs «Dreamliner» à Jetstar l’an prochain. Boeing remboursera de son côté à la compagnie les arrhes versés correspondant à «moins de 100 millions de dollars».

Le directeur général de Quantas, Alan Joyce, a déclaré qu’il serait «imprudent» d’émettre une prévision de résultat étant donné «la volatilité des conditions de marché», mais qu’il attendait 300 millions de dollars d’économies par an du plan de restructuration engagé en août 2011. Outre une charge exceptionnelle de 418 millions passée sur ses comptes annuels, cette réorganisation a déjà entraîné une baisse de 11% des effectifs, correspondant à la perte de 2.800 postes.

Ce plan de transformation prévoit une expansion réorientée vers l’Asie, la refonte des activités de maintenance et la suppression de rotations déficitaires à l’étranger. «Qantas semble avoir pris les mesures nécessaires pour rétablir son bilan et garder ses dépenses en capital à des niveaux acceptables», juge Nicholas Markiewicz, analyste chez Credit Suisse, en soulignant les incertitudes des effets de ces mesures sur l’activité du transporteur à moyen terme.

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