« Publicis va sans doute améliorer sa marge sur l’ensemble de l’exercice »
L’Agefi : Votre croissance organique de 7,6 % au deuxième trimestre est-elle soutenable à l’avenir?
Maurice LEVY: Nous mettons tout en œuvre pour conserver ce niveau de croissance, en misant notamment sur les segments à forte croissance comme le numérique, qui a pesé 29% de nos revenus sur le semestre (28% sur l’année 2010), et les marchés émergents, représentant 23,2% de nos revenus semestriels (22,7% en 2010). La dynamique du semestre a été tirée par une dizaine de pays affichant une croissance supérieure à 10%, tant dans les zones matures (France, Allemagne), que dans les émergents (Emirats arabes unis, Argentine, Chine, Russie, Singapour…). Aujourd’hui, avec des agences plus innovantes et plus proches du secteur internet, nous sommes très en avance par rapport à nos concurrents.
Pour le troisième trimestre, je suis assez optimiste, malgré une base de comparaison beaucoup plus difficile. Nous devrions enregistrer une bonne croissance. Pour le quatrième trimestre, il est encore trop tôt pour se prononcer. Sur l’ensemble de l’année, nous confirmons notre objectif de croissance supérieure à celle du marché publicitaire, attendue à 4,1%.
Comment expliquez-vous le recul de 100 points de base de votre marge semestrielle à 13,5 % ?
En février, j’avais prévenu le marché que nous allions investir et lever le gel sur les salaires et les recrutements. Ce dégel progressif amorcé en juin 2010 se justifie par nos besoins opérationnels. Quand on veut être innovant, il faut investir! Le point d’équilibre de Webformance, par exemple, ne sera pas atteint avant 18 mois. Cette baisse de la marge s’explique aussi à hauteur de 20 points de base par des effets changes, et à hauteur de 20 points de base par les coûts d’acquisitions, désormais intégrés en charges selon les normes IFRS. Toutefois, nous allons certainement améliorer notre marge au second semestre, et sans doute sur l’ensemble de l’exercice (15,8% en 2010).
Allez-vous maintenir votre rythme soutenu d’acquisitions ?
Le premier semestre et le mois de juillet ont été particulièrement denses en termes de croissance externe. Nous n’envisageons toujours pas de grosses opérations et avons beaucoup de petites négociations en cours. Sur la seconde partie de l’année, les acquisitions devraient rester importantes en nombre, mais pas en montants investis.
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