Publicis teste le futur dispositif de «say on pay» à la française
Une semaine après la reculade du gouvernement sur le vote en assemblée générale de la rémunération des dirigeants d’entreprises, l’AG que tient Publicis ce matin prend encore plus d’importance. Le groupe de publicité sera en effet la première société du CAC 40 à demander à ses actionnaires de se prononcer sur la rémunération de ses principaux dirigeants, Elisabeth Badinter, présidente du conseil de surveillance, et Maurice Lévy, président du directoire.
L’avis des actionnaires sur ces deux résolutions (numéros 9 et 10) n’est que consultatif. Un vote négatif n’obligerait donc pas le conseil de Publicis à revoir le montant des rémunérations. En revanche, le dispositif constitue un test de grandeur nature de la mesure qui pourrait être proposée dans le nouveau code Afep-Medef en cours d’élaboration.
«Cette initiative est motivée par notre souhait de nous inclure volontairement dans une évolution de la gouvernance d’entreprise avec le vote d’un avis de l’AG sur les principes et les modalités de la rémunération des principaux dirigeants mandataires sociaux aujourd’hui en vigueur dans plusieurs pays de l’OCDE et en particulier dans les pays anglo-saxons», explique la direction de Publicis. Les actionnaires devront également se prononcer, via la quinzième résolution, sur la politique d’intéressement des salariés et des mandataires sociaux via des options d’achat d’actions.
Le principe de ce vote consultatif a été décidé par la société en novembre 2012, sans que rien ne l’oblige formellement. La disposition intervenait toutefois quelques mois après la polémique sur les 16 millions d’euros de rémunération différée perçus par Maurice Lévy en 2012 et visait à faire retomber la tension. Publicis rappelle que ce système de rémunération, qui avait été approuvé par l’AG de 2008, n’existe plus aujourd’hui.
Le président du directoire ne perçoit depuis l’an dernier, et ce jusqu’en 2015, qu’une seule rémunération variable, selon des critères de performance, qui ne peut pas excéder 5 millions d’euros. Elle s’est élevée à 4,8 millions d’euros pour 2012. En revanche, le dirigeant qui aura 73 ans au moment de l’expiration de son mandat en 2015 bénéficie toujours d’une indemnité de non-concurrence égale à 18 mois de sa rémunération globale brute, soit 5,4 millions d’euros au dernier décompte.
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