Publicis se prépare à racheter les 11% de son capital détenus par Dentsu

Le groupe français pense que son partenaire exercera son option de vente au premier semestre. Il lui en coûtera près de 850 millions d’euros
Bruno de Roulhac
Maurice Lévy, président de Publicis. Photo: Chris Ratcliffe/Bloomberg
Maurice Lévy, président de Publicis. Photo: Chris Ratcliffe/Bloomberg  - 

Publicis mise sur la prudence. En dépit d’une hausse de sa rentabilité en 2011 avec une marge opérationnelle de 16% (+0,2 point), et d’un bénéfice net record de 600 millions d’euros (+14,1%), le groupe publicitaire a décidé de proposer un dividende inchangé à 0,70 euro, soit un faible rendement de 1,8% au niveau actuel du titre (39,83 euros), et un recul du taux de distribution à 23,6% contre 26,9% l’an dernier et 30,2% en 2009.

Maurice Lévy, président du directoire de Publicis, a avoué avoir hésité à rémunérer davantage ses actionnaires, mais préfère conserver un matelas de cash dans la perspective du rachat des titres Publicis détenus par Dentsu. Le publicitaire japonais, qui détient 11% du capital du groupe français (9,3% directement et 1,7% via la SEP Dentsu-Badinter), a conclu un pacte avec Publicis qui prendra fin le 12 juillet 2012, avec la possibilité de le proroger pour une nouvelle période de dix ans. Jusqu’à cette date, le publicitaire japonais dispose d’une option de vente. «Nous attendons leur position, a déclaré hier Maurice Lévy. Je pense qu’ils vont se décider au cours de ce semestre».

En novembre dernier, le patron de Publicis avait déjà annoncé que si Dentsu exerçait son option, les titres rachetés seraient annulés. Une opération qui entrainerait une relution de 7 à 9% sur le bénéfice par action de Publicis, selon la direction. En mai 2010, Publicis avait déjà racheté et annulé 7,5 millions d’actions à Dentsu pour 217,5 millions d’euros, au prix unitaire de 29 euros.

Alors que l’action Publicis rebondit de près de 12% depuis le début de l’année, surperformant le CAC 40, certains analystes, à l’instar d’UBS, constatent que le titre se traite avec une prime sur le secteur, se payant 14 fois son bénéfice 2012 contre 13 fois pour ses pairs. «Le potentiel de hausse à court terme sur Publicis nous semble désormais limité et le momentum devrait être moins porteur (hormis l’éventuel rachat des actions Publicis détenues par Dentsu)», note CM-CIC.

Au cours actuel, les 11% de Dentsu pèsent 843 millions d’euros. Un rachat que Publicis peut facilement financer. L’an dernier, le publicitaire a dégagé un cash-flow libre (avant variation du BFR) record de 704 millions d’euros, en hausse de 9%. Par ailleurs, le groupe dispose actuellement de plus de 3,5 milliards d’euros de liquidités (1,9 milliard de lignes de crédit confirmées et 1,6 milliard de trésorerie).

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