Proxinvest fustige un code Afep-Medef rédigé exclusivement par le patronat
A la veille de la saison 2011 des assemblées générales, Proxinvest soulève des points majeurs de controverse. L’agence de politique de vote souligne les limites de l’auto-régulation à la française, avec un code de bonne gouvernance, Afep-Medef, exclusivement rédigé par les organisations patronales, «qui demeurent favorables à des pouvoirs illimités du président en son conseil». Une exception à la française alors que les codes étrangers se sont également appuyés sur les avis d’investisseurs et d’universitaires. Or, le cumul des mandats est «de plus en plus critiqué par les investisseurs car la solitude au sommet semble mauvaise conseillère et la présence d’un président non exécutif indépendant peut protéger le directeur général contre la dictature du court terme», estime Pierre-Henri Leroy, président de Proxinvest. Ce dernier constate que le cumul des responsabilités du PDG «s’accompagne souvent d’une gouvernance défectueuse ou de rémunérations excessives comme le démontrent en 2010 les cas de Société Générale, Total et Renault».
Proxinvest se dit également «préoccupé» par la tentation d’une nouvelle forme de protectionnisme managérial avec le droit de rejet des résolutions externes. Cela malgré des décisions judiciaires. Total et son ancien président, Thierry Desmarest, ont en effet été condamnés pour avoir refusé l’inscription à l’ordre du jour d’une résolution déposée par le comité central d’entreprise.
Le retard de la France est particulièrement notable en matière de «pay and say», alors que de nombreux pays adoptent le vote – souvent consultatif – sur la politique de rémunération des dirigeants. La plupart des grandes entreprises allemandes comptent inscrire ce vote à leur prochaine AG. En Suisse, un tiers des 100 premières capitalisations acceptent l’idée d’un vote consultatif, tandis que 38% y sont opposés en l’absence de loi.
Par ailleurs, le réseau international de conseil en politique de vote ECGS (European Corporate Governance Service), regroupant Proxinvest et ses partenaires allemand, néerlandais, suisse, canadien, australien et italien, publie sa politique de vote 2011, prônant notamment une rémunération variable ne dépassant pas les deux tiers du total, et limitant les mandats d’administrateurs à cinq, ou à un mandat extérieur pour les dirigeants en activité.
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