PPR pourrait céder Redcats dans les prochaines semaines

Son PDG, François-Henri Pinault, a précisé qu’il ne regarderait que les offres disposant des financements nécessaires de façon certaine
Bruno de Roulhac

Une information peut en cacher une autre! A l’occasion de l’acquisition du tailleur italien Brioni, François-Henri Pinault, PDG du groupe d’équipements de la personne, est revenu sur le processus de cession de Redcats, le pôle de vente à distance de PPR.

Deux opérations d’envergure différentes. Brioni a dégagé l’an dernier un chiffre d’affaires de 170 millions d’euros, tandis que les ventes de Redcats (La Redoute, Verbaudet, Cyrillus,…) se sont élevées à 3,4 milliards d’euros.

En septembre, PPR avait arrêté le processus de mise aux enchères de Redcats en raison des conditions de marché. Pourtant «nous sommes toujours en discussions avec certains candidats» a déclaré hier François-Henri Pinault, «18 candidats» sont «très intéressés». Malgré la crise de la dette, de nouvelles marques d’intérêt sont venues d’acquéreurs potentiels bénéficiant de leurs propres financements, explique le patron de PPR. «Nous ne considérerons que les offres disposant de façon certaine des financements nécessaires», assure François-Henri Pinault, espérant une cession dans les prochaines semaines.

Si PPR souhaite au moins 2 milliards d’euros de cette cession, les analystes évaluent Redcats plutôt autour de 1,5 milliard. PPR veut se recentrer sur ses deux pôles Luxe et Sport & Lifestyle, plus rentables. En 2010, la marge opérationnelle courante de PPR ressortait à 10,5%, mais seulement à 4,8% pour Redcats, qui a enregistré une baisse de 4,5% de son résultat opérationnel courant à 78 millions d’euros au premier semestre.

Le groupe vient ainsi de renforcer son pôle luxe avec l’acquisition de Brioni. PPR s’est refusé à en dévoiler la rentabilité comme le prix d’acquisition. Le montant est «significativement inférieur» à une valeur d’entreprise de 350 millions d’euros évoquée par le marché, s’est contenté de commenter François-Henri Pinault, jugeant le prix en ligne avec les multiples de valorisation des «petites marques» de PPR (Balenciaga, Stella Mc Cartney Alexander McQueen ou Sergio Rossi). Des marques valorisées autour de 1,7 fois leur chiffre d’affaires selon Barclays Capital. Soit entre 250 et 300 millions d’euros, dont 100 millions d’euros de dette selon les chiffres évoqués par le marché.

PPR compte notamment accélérer le développement de Brioni dans les marchés émergents et profiter de la bonne santé du marché de l’habillement masculin de luxe, estimé à 24 milliards d’euros (+9%) cette année.

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