PPR financera de nouvelles acquisitions avec l’argent de Conforama

Avec la dette, l’enseigne sera vendue entre 1,55 et 1,65 milliard d’euros. De quoi financer l’éventuel rachat de Quicksilver ou de Billabong
Olivier Pinaud

Vingt ans après son entrée chez PPR, Conforama va changer d’actionnaire. Le groupe a annoncé hier l’ouverture de négociations exclusives pour vendre ses magasins d’ameublement au distributeur Steinhoff. Une opération ralentie par la crise de la dette, l’acheteur ayant dû mettre en place un crédit syndiqué de 600 millions d’euros, mais à laquelle tenait le sud-africain. «Steinhoff va entrer dans un pays européen où il était absent et mettra en place une politique de développement. Conforama aura pour sa part un actionnaire concentré sur le métier de la distribution», explique Guillaume Jeantet, banquier chez RBS et conseil de l’acquéreur.

Des qualités qui ont fait la différence par rapport aux dossiers concurrents. PPR redoutait les risques sociaux qu’aurait pu entraîner un rachat par les actionnaires du concurrent direct But - Colony et Goldman Sachs, associés à Permira. Quant à Carlyle, il n’offrait pas la logique industrielle de Steinhoff.

Pour Guillaume Jeantet, le sud-africain «a offert un bon prix à PPR». La valeur d’entreprise de Conforama sera arrêtée lors de la signature définitive de la transaction, vers la fin du mois de février 2011, mais elle s’établira entre 1,55 et 1,65 milliard d’euros, dont 1,2 milliard d’euros d’equity. Cela valorise l’enseigne environ 10 fois le résultat d’exploitation attendu pour 2010 «contre 7,2 fois pour la moyenne de ses comparables», indique Aurel BGC. CA Cheuvreux rappelle que But a été acquis en mars 2008 sur la base d’un multiple de 8,6 fois.

Après cette opération, Standard & Poor’s a confirmé la notation de PPR à BBB- avec une perspective stable. Comme la majorité des analystes, l’agence s’attend à ce que PPR utilise les fonds de la vente de Conforama pour financer une acquisition dans la mode grand public et renforcer le pôle de Puma. «Si le groupe ne redéploie pas la somme récupérée, cela aurait un effet dilutif de 10% sur le bénéfice par action», calcule Cheuvreux. Compte tenu de leur taille, l’américain Quicksilver (1,5 milliard de dollars de valeur d’entreprise selon Natixis) et l’australien Billabong (1 milliard d’euros), font figure de cibles à la portée de PPR sans risque de voir sa note dégradée. En revanche, un rachat de Burberry, dont le cours s’est envolé avant-hier en raison de rumeurs d’OPA, pour plus de 5,6 milliards d’euros, nécessiterait d’autres cessions. Or, les ventes de la Fnac et de Redcats s’annoncent plus compliquées que celle de Conforama.

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