PPR financera de nouvelles acquisitions avec l’argent de Conforama
Vingt ans après son entrée chez PPR, Conforama va changer d’actionnaire. Le groupe a annoncé hier l’ouverture de négociations exclusives pour vendre ses magasins d’ameublement au distributeur Steinhoff. Une opération ralentie par la crise de la dette, l’acheteur ayant dû mettre en place un crédit syndiqué de 600 millions d’euros, mais à laquelle tenait le sud-africain. «Steinhoff va entrer dans un pays européen où il était absent et mettra en place une politique de développement. Conforama aura pour sa part un actionnaire concentré sur le métier de la distribution», explique Guillaume Jeantet, banquier chez RBS et conseil de l’acquéreur.
Des qualités qui ont fait la différence par rapport aux dossiers concurrents. PPR redoutait les risques sociaux qu’aurait pu entraîner un rachat par les actionnaires du concurrent direct But - Colony et Goldman Sachs, associés à Permira. Quant à Carlyle, il n’offrait pas la logique industrielle de Steinhoff.
Pour Guillaume Jeantet, le sud-africain «a offert un bon prix à PPR». La valeur d’entreprise de Conforama sera arrêtée lors de la signature définitive de la transaction, vers la fin du mois de février 2011, mais elle s’établira entre 1,55 et 1,65 milliard d’euros, dont 1,2 milliard d’euros d’equity. Cela valorise l’enseigne environ 10 fois le résultat d’exploitation attendu pour 2010 «contre 7,2 fois pour la moyenne de ses comparables», indique Aurel BGC. CA Cheuvreux rappelle que But a été acquis en mars 2008 sur la base d’un multiple de 8,6 fois.
Après cette opération, Standard & Poor’s a confirmé la notation de PPR à BBB- avec une perspective stable. Comme la majorité des analystes, l’agence s’attend à ce que PPR utilise les fonds de la vente de Conforama pour financer une acquisition dans la mode grand public et renforcer le pôle de Puma. «Si le groupe ne redéploie pas la somme récupérée, cela aurait un effet dilutif de 10% sur le bénéfice par action», calcule Cheuvreux. Compte tenu de leur taille, l’américain Quicksilver (1,5 milliard de dollars de valeur d’entreprise selon Natixis) et l’australien Billabong (1 milliard d’euros), font figure de cibles à la portée de PPR sans risque de voir sa note dégradée. En revanche, un rachat de Burberry, dont le cours s’est envolé avant-hier en raison de rumeurs d’OPA, pour plus de 5,6 milliards d’euros, nécessiterait d’autres cessions. Or, les ventes de la Fnac et de Redcats s’annoncent plus compliquées que celle de Conforama.
Plus d'articles du même thème
-
Les élections de mi-mandat freinent l’exubérance politique de Donald Trump
En raflant le Congrès, l’opposition démocrate devrait limiter fortement les pouvoirs du locataire de la Maison-Blanche, contraindre l’exécutif à composer avec un Parlement désormais hostile, et peut-être obliger certains républicains à reconverger vers le centre. -
La montée en compétences face à l’IA est insuffisante en entreprise
70% des cadres financiers français français craignent que l’absence de préparation de leurs collaborateurs à l’intelligence artificielle risque de compromettre la pertinence de leur organisation d’ici cinq ans, selon une enquête OneStream. -
Les actifs financiers saluent les résultats des «midterms»
La large victoire démocrate tend à diminuer les risques d’un conflit trop long en Iran, donc de cours du pétrole durablement élevés, avec les conséquences positives que cela pourrait avoir sur les taux, et par ricochet sur les actions. Les risques de persistance du déficit budgétaire américain sont occultés. Pas les possibles rééquilibrages sectoriels.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
7 raisons pour (re)découvrir les Andes Colombiennes via Medellin et la Région du café
Dix ans après les accords de paix, la Colombie revit de plus belle ! Un pays d’une diversité de paysages incroyable à découvrir à partir de Medellin, puis via la route du café à travers la cordillère centrale. Émerveillement, douceur de vivre, nostalgie et dépaysement garantis. -
Malgré la débâcle de Donald Trump, le risque de guerre avec l'Iran toujours au plus haut
Les dirigeants iraniens jubilent face aux résultats des élections de mi-mandat, mais rien ne garantit que Donald Trump ne lancera pas une nouvelle offensive contre la République islamique -
TsunamiDonald Trump battu : ce qui attend l'Europe
Avec le contrôle de la Chambre et du Sénat, les démocrates auront des leviers pour canaliser la politique étrangère de Donald Trump. Mais ce contre-pouvoir ne changera ni son désir de conclure un deal en Ukraine, ni son hostilité envers le Vieux Continent