Poweo va proposer des solutions de restauration de sa trésorerie

L’opérateur alternatif dévoilera les mesures prises « aux alentours de la fin de l’année » et lance un avertissement sur son résultat 2010
Bruno de Roulhac

Une fin d’année cruciale pour Poweo. A l’occasion de la publication de son chiffre d’affaires trimestriel, l’opérateur alternatif d’électricité et de gaz alerte le marché sur sa situation de trésorerie «intenable dans la durée».

Le groupe étudie différentes options stratégiques visant à retrouver une capacité de génération de trésorerie d’exploitation positive. Parmi les urgences, il devra trouver une solution pour l’activité de commercialisation, qui consomme de 3 à 4 millions d’euros de cash par mois, et sans doute réduire son exposition à ce segment. Poweo pourrait également céder certains actifs.

Si une augmentation de capital ne paraît pas l’hypothèse la plus réaliste à court terme en raison du risque de dilution et de la faiblesse du cours actuel (-45% depuis le début de l’année), une avance d’actionnaires semble plus plausible. Poweo est détenu à hauteur de 46% par Verbund, Ecofin (26%) et Luxempart (9,5%). Ces décisions «devraient être prises et communiquées aux alentours de la fin de l’année», assure Poweo, mais les implémentations de ces mesures pourraient être progressives. En attendant, le groupe estime que sa liquidité restera assurée jusqu’à ce que ces décisions soient mises en œuvre, grâce à ses financements existants, court et moyen terme, non utilisés qui s’élèvent à 110 millions d’euros. Fin juin, Poweo affichait une trésorerie brute de 65,5 millions.

Depuis des mois, Poweo attend l’entrée en application de la loi Nome (Nouvelle organisation du marché de l’électricité) qui doit lui permettre de bénéficier d’un prix d’accès compétitif au parc de production d’EDF. Le texte doit être examiné en deuxième lecture dans les prochaines semaines. Et Poweo attend la parution des décrets d’application «pour évaluer l’impact effectif de cette réforme» sur ses conditions d’activité. En septembre, le groupe estimait que chaque mois de retard lui coûte 3 millions d’euros.

Dans ce contexte, aggravé par la détérioration marquée des prix de marché ces derniers mois, Poweo a lancé mercredi un avertissement sur son résultat 2010, tablant sur une perte opérationnelle de 40 à 50 millions d’euros avant charges récurrentes, contre une perte de 20 à 30 millions anticipée auparavant. Quant aux charges non récurrentes, de 17,8 millions au premier semestre, elles pourraient s’aggraver avec le passage de dépréciations d’actifs et de provisions pour risques.

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