Poweo ne dévoile aucune perspective chiffrée pour 2011
Poweo semble naviguer à vue. Après un exercice 2010 marqué par une forte aggravation de la perte nette à 133,4 millions d’euros, l’opérateur alternatif se garde bien de dévoiler ses objectifs pour l’exercice en cours. Plus que jamais, Poweo attend les décrets d’application de la loi Nome (Nouvelle organisation du marché de l’électricité) et les arrêtés ministériels espérés pour le mois d’avril. Le groupe estime que l’évolution du marché qui devrait suivre permettra de «rebattre la compétition entre les acteurs tous les deux ans d’ici 2015». Néanmoins, tout dépendra du prix de revente par EDF du mégawatt/heure. Si EDF réclame 42 euros, seul Direct Energie s’est dit prêt à payer ce prix, tandis que les industriels fixent la barre entre 30 et 35 euros.
Poweo compte dans un premier temps dynamiser ses activités de commercialisation, puis dans un second temps reconstituer son modèle intégré en exerçant son option d’achat de Poweo Production. Le groupe avait dû en effet vendre sa part de 60% dans Poweo Production à Verbund, son premier actionnaire, en février dernier pour 120 millions d’euros, afin d’assurer la continuité de son activité de commercialisation. L’option d’achat court jusqu’au 30 juin 2013.
Le groupe se fixe pour objectif d’être le troisième opérateur sur le marché français à l’horizon 2016, misant notamment sur ses offres innovantes liées au déploiement des compteurs communicants, et sur l’accroissement de la précarité énergétique.
D’ici là, Poweo devra renouveler certaines garanties bancaires arrivant à échéance dans les prochains mois, notamment dans le cadre de ses contrats d’approvisionnement énergétique. Toutefois, le groupe n’était pas joignable pour détailler le montant de ces garanties. L’opérateur confirme seulement que la vente de Poweo Production lui apporte la trésorerie nécessaire «au moins» pour les douze prochains mois.
L’an dernier Poweo a enregistré une perte opérationnelle (Ebit) de 146,2 millions d’euros, en ligne avec les 150 millions annoncés en février. Une contre-performance liée à 92,6 millions de charges non récurrentes. Le groupe avait anticipé en février dernier 100 millions d’euros de dépréciations et pertes de valeurs. En revanche, le chiffre d’affaires progresse de 23% à 693 millions d’euros, grâce au plein effet de la production de Pont-sur-Sambre, et aux ventes de gaz (+10%), tandis que les ventes d’électricité reculent de 15%.
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