Portugal Telecom poursuit l’optimisation du profil de sa dette
La gestion active de son profil de dette fait plus que jamais partie de la stratégie financière de Portugal Telecom. Après avoir placé fin janvier une émission obligataire à 5 ans de 600 millions d’euros, l’opérateur télécoms portugais a annoncé vendredi avoir mis en place une ligne de crédit de 900 millions d’euros à échéance mars 2014. L’opération, arrangée par BoA-Merrill Lynch, BBVA, Banco do Brasil, Barclays Capital, BNP Paribas et Citigroup, engagés à hauteur de 150 millions d’euros chacun, permet au groupe «de voir ses échéances de dette totalement financées jusqu’à la fin 2013», souligne le communiqué.
Cette ligne de crédit, qui servira «aux besoins généraux de financement de l’entreprise », permettra également d’allonger la maturité de sa dette comprise entre 6 et 7 ans, tandis que son coût moyen ressort à 4,4%. «Nous nous attachons à sécuriser des lignes de crédit afin d’éviter tout besoin de refinancement à court et moyen terme à un moment où le marché de la dette est très volatil», explique le directeur général Zeinal Bava. Le groupe est noté Baa2 par Moody’s et BBB par S&P et Fitch, avec perspective stable.
En incluant la cession de sa part dans l’opérateur mobile Vivo à l’espagnol Telefonica au Brésil, suivie d’une prise de participation de 22,4% dans l’opérateur fixe brésilien Oi, la dette pro forma de Portugal Telecom, dont 90% est à taux fixes, s’élevait «à 5,6 milliards d’euros fin 2010, soit 2,1 fois son excédent brut d’exploitation contre 2,5 fois un an plus tôt». Ce montant prend également en compte la reconnaissance après impôts de 700 millions de dette envers l’Etat, liée au règlement d’un litige sur des plans de retraite.
Parmi les investisseurs domestiques qui détiennent 36% de Portugal Telecom, on trouve Banco Espirito Santo et Caixa Geral de Negocios, respectivement deuxième et troisième actionnaires avec 10% et 7,3% du capital. Etant donné que le secteur bancaire lusitanien, pénalisé par les craintes sur la dette souveraine du pays, ne parvient plus à se financer sur les marchés (cf. page 2), on ne peut exclure que ces deux établissements soient à terme contraints de réduire leur participation dans Portugal Telecom dont la capitalisation boursière s’élève à 7,4 milliards d’euros.
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