Pirelli va passer sous pavillon chinois
La participation de 26,2% détenue dans Pirelli par son premier actionnaire, la société d’investissement Cam Finanziaria (Camfin), va tomber dans l’escarcelle chinoise. Camfin a annoncé hier avoir signé un «partenariat industriel à long terme» avec le groupe public China National Chemical Corp (CNCC, controlé par ChemChina), qui a également confirmé l’opération. Le fabricant de pneumatiques sera contrôlée par Bidco, une nouvelle société détenue majoritarement par CNCC et dans laquelle Camfin réinvestira.
CNCC rachètera la participation de Camfin et lancera une offre sur le reste du capital au prix de 15 euros par action, valorisant Pirelli à 7,1 milliards d’euros. Selon le quotidien Il Sole 24 Ore, JPMorgan a été mandaté pour organiser le financement, tandis que Lazard conseille Pirelli et Rothschild, ChemChina. Ce remaniement du capital vise à «garantir dans la durée, la stabilité, l’autonomie et la continuité dans le parcours de croissance du groupe Pirelli», souligne Camfin.
Cette dernière est contrôlée par le pétrolier russe Rosneft, qui en possède la moitié du capital, et par une holding appartenant au PDG de Pirelli Marco Tronchetti Provera. Ses autres actionnaires sont les banques italiennes Intesa Sanpaolo et UniCredit. «Nous pensons que les actionnaires de référence actuels, à l’exception probable de Rosneft, garderont sans doute leurs parts pratiquement inchangées», jugent les analystes de Banca Akros.
A la demande du gendarme boursier italien (Consob), Pirelli, dont le flottant représente plus de la moitié des titres en circulation, avait fait savoir vendredi qu’il n’avait reçu «aucune communication formelle sur le lancement d’une offre publique d’achat obligatoire». La perspective d’un changement dans sa structure actionnariale a néanmoins fait grimper l’action de 2,2% à 15,2 euros à Milan vendredi après une hausse de 3,26% la veille.
Présent dans la transformation pétrolière, l’agrochimie ou le caoutchouc, ChemChina affichait en 2013 un chiffre d’affaires d’environ 36,5 milliards d’euros. Son intérêt pour Pirelli, dont le siège social restera en Italie, s’explique par la rentabilité élevée du pneumaticien par rapport à la concurrence. Le troisième fabricant européen de pneus est en effet parvenu à augmenter ses marges en se recentrant sur l’équipement de véhicules haut de gamme. Son bénéfice d’exploitation a augmenté l’an dernier de 6,8% à 838 millions d’euros, faisant ressortir une marge opérationnelle de 14%.
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