Philips place tous ses espoirs de relance sur les marchés émergents
Philips a payé au comptant hier en Bourse d’Amsterdam la publication de résultats trimestriels inférieurs aux attentes et l’annonce de perspectives jugées décevantes. Le titre a cédé 5,45% en clôture à 23,23 euros. Le géant néerlandais s’est en effet une nouvelle fois plaint du moral en berne du consommateur des pays développés, au cours du trimestre écoulé mais aussi pour les prochains trimestres, en dépit du «fort rebond» en 2010 dont se targue le PDG Gerard Kleisterlee, qui cèdera son fauteuil au printemps.
La division d’électronique grand public surtout a déçu, du fait de faibles ventes de téléviseurs ou d’une volonté de déstockage de la part des distributeurs. Une déconvenue (avec des ventes en repli organique de 11%) que n’ont pu masquer les résultats en hausse de la division éclairage ni même ceux du matériel médical pourtant au-delà des estimations des analystes. Pour l’ensemble du groupe, le chiffre d’affaires trimestriel (7,39 milliards d’euros) a dès lors accusé un repli de 4% à périmètre et taux de change constants, le résultat net bondissant tout de même de 79% à 465 millions.
Malgré cette déception, les analystes crédit d’Aurel rappellent que le «profil opérationnel et financier de Philips s’est amélioré» sur l’ensemble de l’exercice écoulé. Et face à la promesse de Philips d’une croissance à venir «plus rapide», les analystes d’Oddo attendent une «nette accélération» au second semestre 2011.
En dehors d’une conjoncture attendue plus porteuse dans le secteur de la construction en fin d’année, le groupe amstellodamois ira chercher cette croissance pour ses trois divisions au sein des marchés émergents. Ceux-ci ont déjà représenté un tiers des ventes au trimestre écoulé. Philips s’est dans ce contexte félicité de pouvoir participer activement au décuplement (entre 2007 et 2025 selon McKinsey) de la classe moyenne en Inde grâce au rachat, annoncé hier, de Preethi, spécialiste local de l’équipement de la cuisine. Aucun détail financier n’a été dévoilé, tout juste apprend-on sur le site de la cible qu’elle emploie «plus de 1.000 salariés». Le directeur financier Pierre-Jean Sivignon a confié à Reuters que le groupe étudiait d’autres acquisitions, particulièrement dans les marchés émergents, et qu’un rachat de titres pourrait intervenir si les transactions n’aboutissaient pas.
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