Philips fait profil bas sur son projet de coentreprise dans les téléviseurs
La coentreprise prévue entre Philips et le chinois TPV dans les téléviseurs pourrait être remise en cause. «Le marché mondial des téléviseurs s’est dégradé et à l'évidence, plus tôt nous bouclerons ce dossier, mieux ce sera. Mais nous devons d’abord finaliser les négociations et il reste des incertitudes sur la possibilité d’y parvenir cette année ou au premier trimestre 2012», a expliqué hier Frans van Houten, directeur général de Philips, lors de la présentation des comptes trimestriels.
Le leader mondial de l’éclairage avait annoncé en avril dernier la création «avant fin 2011» d’une société détenue à 70% par TPV et à 30% par Philips. L’objectif était pour lui de se désengager d’une activité structurellement déficitaire qui pesait l’an dernier 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Même si le groupe néerlandais juge les discussions actuelles constructives, «le fait que Philips évoque des négociations ‘intenses’ n’est pas très bon signe et il semble qu’il y ait un risque clair qu’ils ne parviennent pas à un accord», estime Hans Slob, analyste de Rabobank. Le groupe annonce d’ailleurs «étudier des solutions alternatives» en cas d’échec.
Les résultats trimestriels sont médiocres mais supérieurs aux attentes, avec un chiffre d’affaires en progression organique de 5,7% à 5,4 milliards d’euros (-1,2% en données publiées). Si les trois divisions (éclairage, santé, styles de vie) affichent un tassement de leur rentabilité, la marge opérationnelle (Ebita) ajustée «atteint 7,3% contre un consensus à 7% et 11,7% un an plus tôt», notent les analystes d’Oddo Securities.
Frans Van Houten a indiqué ne pas espérer «parvenir à une amélioration importante de la performance à court terme». Il confirme l’objectif d’une hausse de 4% à 6% du chiffre d’affaires et d’une marge opérationnelle comprise entre 10 et 12% en 2013. Il compte y parvenir grâce au plan ««Accelerate!» qui prévoit des baisses de coûts de 800 millions d’euros, revues en hausse en septembre dernier.
L’application de ce plan passera par la suppression de 4.500 postes d’ici 2014, dont près d’un tiers aux Pays-Bas. «Cette réduction d’effectifs représente 60% des économies anticipées», relève-t-on chez Oddo Securities. Les coûts de restructuration atteindront 400 millions sur la période, dont la moitié comptabilisée en 2012. L’action Philips a terminé la séance en repli de 1,8% à 14,5 euros.
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