Pfizer introduit avec succès sa filiale de santé animale en Bourse
Annoncée depuis plus de six mois, l’introduction en Bourse (IPO) de Zoetis, filiale de santé animale de Pfizer, a rencontré un franc succès auprès des investisseurs. Alors que le cours d’introduction était attendu entre 22 et 25 dollars, Zoetis a finalement vendu 86,1 millions de d’actions au prix unitaire de 26 dollars, levant ainsi un peu plus de 2,2 milliards. Ce qui fait de l’opération la plus importante offre publique depuis Facebook qui avait levé 16 milliards de dollars en mai dernier.
Selon des sources proches du dossier, l’opération, menée par JP Morgan, Bank of America Merrill Lynch et Morgan Stanley, a été entre 10 et 20 fois sursouscrite. Elle valorise Zoetis 13 milliards de dollars. Ce succès «pourrait favoriser d’autres introductions en Bourse de taille importante», commente Lee Simmons, spécialiste des IPO chez Dun & Bradstreet, en tablant néanmoins sur une reprise graduelle de ce marché qui a chuté de 35% l’an dernier aux Etats-Unis si l’on exclut Facebook.
Zoetis, dont l’action sera cotée aujourd’hui sur le New York Stock Exchange, est le leader mondial de la santé animale avec des ventes de 4,2 milliards de dollars en 2011, soit une part de marché mondiale de 19%. L’entreprise, qui compte plus de 9.000 salariés répartis dans 120 pays, a comme concurrents principaux les activités non cotées de santé animale de Sanofi, Merck ou Eli Lilly. Si les marges des produits vétérinaires sont inférieures aux médicaments destinés à la santé humaine, les premiers sont bien moins concernés par les problèmes d’expiration des brevets. La croissance du marché de la santé animale est également liée à une consommation grandissante de viande dans les pays émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil. La croissance des revenus dans ces pays «favorise la consommation de protéines et la possession d’animaux domestiques», relève Marshall Gordon, gérant de fonds chez ClearBridge Investments.
Pfizer, qui conservera le contrôle d’un peu plus de 80% de sa filiale, poursuit ainsi le désengagement partiel de ses activités non pharmaceutiques, après la cession de sa division de nutrition infantile à Nestlé en avril dernier pour 11,9 milliards de dollars, imitant Bristol-Myers Squibb qui avait scindé en 2009 sa division de produit infantiles Mead Johnson. Ian Reed, directeur général de Pfizer, a indiqué que le produit de ces cessions servirait à des rachats d’actions.
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