Peugeot peine à écarter le risque d’une nouvelle augmentation de capital
Une augmentation de capital n’est pas d’actualité.» La direction de PSA Peugeot Citroën a tenté hier de calmer les inquiétudes des investisseurs nées d’un article du journal La Tribune indiquant que la question est «activement» discutée par le constructeur d’automobile et ses principaux actionnaires, en premier chef la famille Peugeot.
Compte tenu de la faiblesse du cours de Bourse de PSA, qui a encore perdu 4,21% hier à un peu plus de 7 euros, un nouvel appel au marché, après celui de mars 2012, serait extrêmement violent pour les actionnaires. L’opération de l’an dernier avait déjà augmenté de 54% le nombre d’actions en circulation.
Pris au sérieux par de nombreux investisseurs, et exprimé notamment par l’ampleur des positions de vente à découvert sur le titre, représentant près de 20% du capital flottant, le risque d’augmentation de capital a gagné en vigueur depuis un mois. La direction de PSA a reconnu mi-avril devoir mettre en œuvre de nouvelles mesures d’économies afin de ramener comme prévu fin 2014 le cash-flow à l’équilibre. Or, vu la faiblesse du marché automobile européen, l’objectif paraît de plus en plus compliqué selon de nombreux analystes. Thomas Besson chez Kepler Cheuvreux s’attend ainsi à un cash-flow négatif de 2,3 milliards d’euros en 2013 et de 1,2 milliard en 2014. Légèrement plus optimiste, HSBC table sur environ 2 milliards d’euros brûlés en deux ans.
Ce dérapage provoquera nécessairement un alourdissement de la dette de la division automobile (hors Banque PSA). Elle pourrait atteindre 5,3 milliards d’euros fin 2015, selon HSBC, contre 3,1 milliards fin 2012. «Si les spreads de crédit restent aussi bas qu’aujourd’hui et si le plan de restructuration fonctionne, cette augmentation de la dette est gérable. Mais le risque que l’un de ces deux éléments n’évolue pas dans le bon sens existe», reconnaît HSBC.
Dans ce cas, afin de protéger son activité industrielle, PSA pourrait de nouveau solliciter ses actionnaires. Le groupe est nettement moins capitalisé que ses concurrents européens, avec un ratio de fonds propres de l’ordre de 18% fin 2012, deux fois moins que Renault ou Volkswagen, ce qui contraint sa marge de manoeuvre et son activité industrielle.
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