Peugeot et General Motors officialisent leur divorce
L'échec est cuisant. Deux ans après l’annonce de leur alliance, PSA Peugeot Citroën et General Motors divorcent. Le groupe américain a vendu hier soir sa participation de 7% au capital de PSA, à pertes. Les titres étaient proposés par Goldman Sachs entre 10 et 10,25 euros par action, soit au total entre 248 et 254 millions d’euros.
GM avait payé 304 millions d’euros début 2012 pour acheter sa part et soutenir la recapitalisation de PSA. «Notre alliance reste forte», a tenté de faire croire Steve Girsky, le vice-président de GM, en ajoutant que le support financier de GM «n’est plus nécessaire».
Limitée principalement au développement de deux véhicules sur des plates-formes européennes de PSA, et à des achats en commun, l’alliance actuelle n’a rien à voir avec les ambitions internationales initiales. Aucun projet n’a pu aboutir dans les pays émergents, GM n’ayant pas forcément envie de faire la courte échelle à son partenaire sur ces marchés en croissance. Annoncé au départ à 2 milliards de dollars, le montant des synergies a quasiment été divisé par deux depuis.
En sortant du capital, GM laisse plus de liberté à PSA pour trouver un autre partenaire, même si l’américain s'était engagé à soutenir les nouveaux projets d’alliance. Le nouvel élu devrait être Dongfeng. Hier, pour la première fois, PSA a reconnu discuter avec le chinois alors qu’il n’avait jusqu’à présent jamais prononcé son nom. Les contours industriels de cette nouvelle alliance restent flous.
Les analystes de Barclays ne voient pas «ce qu’aurait à gagner Dongfeng dans cet accord sinon avoir accès à la propriété intellectuelle de PSA». Les modalités de l’augmentation de capital associée à cette alliance sont tout aussi nébuleuses. Selon Reuters, le chinois ne voudrait pas payer plus de 7 euros par action. Une décote de 30% par rapport au cours d’hier soir dont ne veut pas entendre parler la famille Peugeot, toujours actionnaire principal avec 25% du capital.
En attendant un accord, la valeur de PSA s'érode. Le groupe va déprécier les actifs de sa division automobile d’un montant de 1,1 milliard d’euros en 2013, après les 4,7 milliards de 2012, dont 3 milliards pour la seule division automobile. Au total, en deux ans, la valeur des actifs de PSA a donc été réduite de 5,8 milliards d’euros. Ces écritures comptables n’ont pas d’effet sur la trésorerie. En revanche elles entaillent directement les fonds propres.
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