Peter Löscher va se battre pour rester à la tête du directoire de Siemens
La réunion du conseil de surveillance de Siemens prévue demain mercredi promet d’être mouvementée. Loin d’accepter d’être limogé quatre ans avant le terme prévu de son mandat, Peter Löscher, président du directoire du conglomérat allemand, renoncera à sa fonction uniquement si le président du conseil de surveillance Gerhard Cromme accepte de donner également sa démission, croit savoir le Süddeutsche Zeitung qui se réfère à des sources proches de la société.
Dans le cas contraire, Peter Löscher demandera un vote du conseil de surveillance qui se compose de 20 membres, en espérant obtenir la majorité de deux tiers des voix qui lui permettrait de conserver son poste.
Alors qu’il dirigeait la division de santé humaine de l’américain Merck, l’autrichien Peter Löscher avait été appelé en 2007 par Gerhard Cromme à la tête de Siemens pour redresser un groupe malmené par plusieurs affaires de corruption. Le président du directoire considère désormais que son homologue au conseil de surveillance intrigue pour obtenir son départ, afin d’éviter d’être lui-même mis en cause dans les difficultés actuelles du groupe, liées à une organisation encore trop complexe, propice à une dérive des coûts. Cette situation a conduit la semaine dernière à un nouvel avertissement sur les bénéfices, le groupe industriel renonçant à son objectif de marge d’exploitation à 12% pour son exercice finissant en septembre 2014.
Peter Löscher semble avoir néanmoins peu de chance de rallier à sa cause suffisamment de voix au sein du conseil. Le directeur financier Josef Käser tient la corde pour lui succéder à la tête du directoire. Les analystes de Morgan Stanley jugent que ce dernier, après 33 ans de carrière au sein du groupe, «dispose des compétences nécessaires» qui lui permettront «d’accélérer le processus en cours de restructuration et de cessions d’actifs».
La probabilité de voir Gerhard Cromme renoncer à son poste est d’autant plus faible que celui-ci a déjà dû abandonner en mars la présidence du conseil de surveillance de ThyssenKrupp, après les pertes abyssales enregistrées par le sidérurgiste allemand. Selon le Süddeutsche Zeitung, la seule personne susceptible de remplacer celui-ci chez Siemens serait l’ancien patron de la Deutsche Bank Josef Ackermann, actuellement l’un des deux vice-présidents du conseil de Siemens, mais cette nomination n’aurait pas les faveurs des membres représentant le personnel.
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