Pernod Ricard reste concentré sur sa croissance organique
La stratégie de Pernod Ricard paye, avec une croissance interne des ventes de 11% à 4,6 milliards d’euros (+8% en publié) et du résultat opérationnel courant (ROC) de 17% à 1,4 milliard (+14% en publié), soit une marge de 29,9% (+1,6 point), sur le premier semestre clos fin décembre. Et les perspectives de ventes restent positives, avec le dynamisme des émergents (+18% au premier semestre) et la reprise aux Etats-Unis (+6% au premier semestre). Toutefois, «l’Europe occidentale devrait rester la zone la plus difficile du groupe et les ventes devraient y rester en baisse sur l’ensemble de l’exercice», anticipe Gilles Bogaert, directeur financier de Pernod Ricard.
Le groupe de spiritueux en profite pour relever son objectif de croissance interne du ROC de «proche de 6%» à «proche de 8%». Au second semestre de l’exercice, le groupe pâtira de la hausse des droits d’accises en France, qui ont provoqué des surstockages, soit 98 millions de chiffre d’affaires et 64 millions de ROC apportés au premier semestre et non au second. Pernod estime que la baisse de consommation due à cette taxe lui coûtera 25 millions d’euros de ROC en 2012.
Grâce à une série de refinancements, le groupe a allongé la maturité de sa dette de 3,6 ans à 6,8 ans en six mois. La dette brute est à 77% obligataire et 23% bancaire. «Nous voulons conserver une part de bancaire, ajoute Gilles Bogaert. Une partie du 1,5 milliard d’euros du crédit syndiqué qui reste à refinancer le sera en bancaire, avant l’été». La part de la dette à taux fixe est passée de 63% fin juin à 79% fin décembre. Elle permet de protéger le groupe pour l’avenir mais entraîne une augmentation du coût de la dette, de 4,7% fin juin à 4,9% fin décembre et près de 5,3% attendu fin juin 2012.
Le groupe a répété qu’aucune acquisition stratégique n’aurait lieu en 2012. «Nous voulons rester en catégorie investissement et nous n’accepterons plus de retomber en catégorie spéculative pour une acquisition, comme cela a pu être le cas dans le passé : l’environnement a changé, confie Gilles Bogaert. Nous pourrions saisir des opportunités pour compléter des catégories où nous sommes peu présents, à l’instar de l’accord de joint-venture avec la tequila Avion signé l’été dernier». Avec une dette nette de 9,4 milliards d’euros fin 2011, le groupe affiche un ratio dette nette sur Ebitda de 3,9, et compte le maintenir en fin d’exercice, contre un ratio de 4 anticipé auparavant.
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