Pernod Ricard n’exclut pas des acquisitions transformantes à moyen terme
Confiance. Tel est le maître-mot de Pierre Pringuet, directeur général de Pernod Ricard. Le groupe de spiritueux confirme un objectif de croissance interne de son résultat opérationnel courant (ROC) «proche de 6%» en 2012-2013, après une progression de 7% au premier semestre, clos fin décembre.
Pernod Ricard continue à profiter de la forte croissance des marchés émergents, qui pèsent désormais 46% de son ROC (39% un an plus tôt) et 42% de ses ventes (39% un an plus tôt). La Chine, deuxième marché du groupe, est désormais près de dépasser les Etats-Unis!
Les ventes en Asie (+13% de croissance interne), dont +18% pour la Chine, et en Amérique (+6%) ont plus que compensé la situation en Europe (-1%) et en France (-28%). Cette chute des ventes en France « s’explique essentiellement par le surstockage des distributeurs fin 2011 en anticipation de la hausse des droits, précise Gilles Bogaert, directeur financier de Pernod Ricard. La tendance sous-jacente s’inscrit en recul de 3% sur le semestre et devrait se maintenir à ce niveau sur le reste de l’exercice. Et si le ROC de la France devrait baisser de 25 millions d’euros sur l’exercice, il est attendu stable hors effets techniques au second semestre».
En Espagne, les ventes ont accéléré leur recul (-9%), mais Pernod Ricard a gagné des parts de marché. Un atout quand le rebond arrivera…
«Nous sommes ouverts à des opérations de croissance externe tactiques ou ciblées. D’éventuelles acquisitions transformantes ne seraient envisageables qu’à moyen terme. Nous voulons conserver notre notation en catégorie investissement», ajoute Gilles Bogaert. Le groupe est noté BBB-. «Nous pourrions monter provisoirement jusqu’à un ratio dette nette sur Ebitda de 5 [contre 3,8 fin 2012]», ajoute Pierre Pringuet. Le groupe regarde particulièrement des cibles dans les émergents et aux Etats-Unis, où la part de marché de Pernod Ricard n’est que de 12% contre 17% dans le monde.
Alors que les échéances bancaires et obligataires sont couvertes jusqu’à début 2015 par les cash-flows prévisionnels et par les lignes bancaires, «nous n’avons pas besoin de faire appel au marché, mais nous restons ouverts aux opportunités », ajoute Gilles Bogaert. Si le coût de la dette a augmenté à 5,4% sur le semestre après les refinancements de l’an dernier ayant permis d’allonger la maturité de la dette à près de 7 ans, il devrait baisser à 5% dès 2013-2014.
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