Peabody s’appuie sur Arcelor Mittal pour repartir à l’assaut de Macarthur
Aller au charbon constitue une impérieuse nécessité pour Arcelor Mittal. Dans un contexte de lutte pour la sécurité des approvisionnements, le numéro un mondial de la sidérurgie a trouvé dans le groupe minier américain Peabody Energy un allié de circonstance pour partir à l’assaut de Macarthur Coal, spécialiste du charbon pulvérisé qui, entend doubler sa production d’ici 2014. Le conseil d’administration du groupe australien a indiqué hier avoir reçu une offre préliminaire de la part des deux prétendants, qui créeront une coentreprise détenue à 40/60 (Arcelor étant minoritaire). A raison de 15,50 dollars australiens par action, représentant une prime de 40% sur le cours de clôture d’hier, le projet valorise la cible à 5 milliards de dollars, l’équivalent de 3,6 milliards d’euros (l’offre devant être toutefois diminuée du dividende versé pour l’exercice fiscal au 30 juin 2011). Ou encore 3 dollars la tonne pour 1,64 milliard de tonnes de réserve.
Le conseil de Macarthur s’est abstenu de toute recommandation aux actionnaires, indiquant qu’il souhaite discuter avec les prédateurs «du prix et des conditions» d’une offre qui restera soumise à l’approbation de l’autorité australienne dédiée à la protection des intérêts nationaux. Pour Peabody, cette offensive a un goût de déjà-vu, le groupe américain ayant déjà proposé l’an passé 16 dollars par action Macarthur avant que les velléités du gouvernement australien d’assujettir le secteur à de plus fortes taxes ne fassent échouer le projet. Le nouvel assaut, jugé opportuniste par les analystes, survient au lendemain de l’annonce par Canberra d’une taxe carbone élargie aux 500 principaux pollueurs du pays.
Qui plus est, le chinois Citic Group, qui a rapidement annoncé qu’il allait étudier l’offre dévoilée hier, est aujourd’hui le principal actionnaire de Macarthur, avec 24,3% du capital selon le site de ce dernier. Et l’on sait la Chine en quête de ressources naturelles à travers la planète. Certes, ArcelorMittal est d’ores et déjà le deuxième plus important actionnaire, avec 16,2% du capital, tandis que les actionnaires suivants sont restés silencieux (des filiales de HSBC et de National Australia Bank à 13,7 et 10,1% ainsi que le sidérurgiste sud-coréen Posco à 7,1%). A eux cinq, ces actionnaires détiennent ainsi 71% du capital de Macarthur, tandis qu’ArcelorMittal et Peabody conditionneraient leur offre à l’obtention de 50,01% du capital.
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