Patrick Drahi s’apprête à céder 45% d’Altice France à ses créanciers
Cette fois pourrait être la bonne. Après plusieurs mois de négociations, Altice France serait sur le point de s’entendre avec ses créanciers en vue de réduire fortement son endettement, ont indiqué à L’Agefi deux sources proches des négociations, confirmant des informations de presse sur le sujet.
Le projet d’accord, dont la signature n’est pas encore effective mais serait imminente selon les personnes au fait de l’affaire, prévoit de réduire l’endettement net de la maison mère de SFR de 8,6 milliards d’euros, le ramenant à environ 15,5 milliards d’euros. En échange, les créanciers obtiendront 45% du capital du groupe de Patrick Drahi, qui conservera ainsi le contrôle de son entreprise, ainsi qu’un peu moins de 2,6 milliards d’euros en cash. Un chiffre revu, selon nos informations, en légère baisse par rapport à ce qui était envisagé en janvier dernier.
Les créanciers sécurisés récupéreront en revanche un peu plus que les 30% du capital évoqués il y a un mois, avec 31%. Le solde, soit 14% des actions, ainsi qu’un faible paiement en numéraire reviendra aux créanciers non sécurisés.
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Maturités repoussées
La maturité de la dette serait par ailleurs augmentée de 3,1 ans à 6,1 ans avec des échéances repoussées à 2028-2033. Aucun rendez-vous majeur de remboursement n’interviendrait avant 2030 tandis que le coût moyen de l’endettement sécurisé ressortirait à 7,125%. Le ratio d’endettement serait ramené à 4 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) en tenant compte de la vente à venir d’actifs non-cœur.
Ces nouvelles conditions, si elles se confirment, se rapprochent de celles réclamées dès l’automne dernier par les créanciers sécurisés. Ils demandaient à l’époque 34% du capital et une dette réduite à 14,4 milliards d’euros à un taux de 7,5%. De son côté Patrick Drahi avait alors proposé «seulement» 18% du capital et un endettement ramené 13,7 milliards d’euros et rémunéré 6,5%.
A fin septembre 2024, la dette nette d’Altice France atteignait 23,7 milliards d’euros, dont 19,5 milliards d’euros sécurisés et 4,2 milliards non sécurisés pour un taux moyen de 5,9%. A ce niveau, elle représentait 6,7 fois l’Ebitda enregistré au cours des 12 mois précédents. Au troisième trimestre 2024, l’excédent brut d’exploitation a reculé de 9,9%, à 879 millions d’euros, pénalisé par un repli des revenus de 4,7%, à 2,53 milliards d’euros.
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