Paprec se prépare à entrer en Bourse en 2012 pour se déployer en Europe
La crise de 2007 avait eu raison du projet d’introduction en Bourse de Paprec. Si tout va bien, le dossier devrait être relancé en 2012. Thierry Coloigner, le directeur général adjoint en charge des finances et du développement, a confirmé à L’Agefi que le premier groupe français de recyclage de papiers s’y prépare même si pour l’instant aucune banque n’a été mandatée. L’opération permettrait de renforcer les fonds propres et la capacité d’endettement de l’entreprise afin de financer sa croissance et ses acquisitions. Encore peu concentrée, cette industrie nécessite d’importants capitaux, un site moderne de tri coûtant environ 10 millions d’euros.
Quinze ans après sa création, Paprec a passé en 2010 la barre des 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 320 millions d’euros en 2009. Mieux, après les pertes de 2008 et le retour à l’équilibre de 2009, le numéro trois français du recyclage, derrière Veolia et Suez, «est redevenu bénéficiaire en 2010», indique Thierry Coloigner, «à un niveau conforme à celui de l’industrie».
Ce redressement s’explique par une remontée des volumes traités: 3 millions de tonnes, dont 1,3 million rien que dans les papiers, contre 2,25 millions de tonnes en 2009. La hausse du prix de revente des matières a également joué favorablement. Le papier recyclé vaut actuellement environ 100 euros la tonne, deux fois plus cher qu’au plus fort de la crise. Enfin, Thierry Coloigner rappelle que «Paprec a profité de l’intégration des six entreprises acquises en moins de trois ans grâce à la flexibilité financière apportée par l’entrée au capital de la Financière Agache en 2007». Le montant de l’opération s’élevait à 100 millions d’euros, dont 75 millions en fonds propres. La Financière Agache détient depuis 37% du capital, juste derrière le fondateur (38%), Jean-Luc Petithuguenin. La Banque Rothschild, Quilvest et BNP Paribas Développement se partagent 17%. Le solde est détenu par BM Invest (5%) et les managers (3%).
L’enveloppe n’a pas été consommée en totalité mais les fonds levés lors de l’IPO permettront de financer de nouvelles acquisitions notamment en Europe où le groupe est encore peu présent, hormis une implantation en Suisse. Ils pourraient aussi servir à investir de nouveaux domaines, comme le plastique, alors que seulement 15% de cette matière est aujourd’hui recyclée en France, contre plus de 50% pour les papiers.
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