PagesJaunes utilise son crédit revolving pour mieux renégocier sa dette
PagesJaunes a annoncé qu’il venait d’utiliser dans sa totalité sa facilité de crédit revolving de 300 millions d’euros expirant en novembre 2013, en précisant qu’il n’était pas confronté à un problème de liquidité ou de covenant bancaire. «Aucun usage particulier de cette ressource financière n’a encore été décidé», souligne le groupe d’annuaires, ce qui n’empêche pas certains analystes de miser sur une restructuration ultérieure de sa dette qui en sera facilitée.
A fin septembre, le groupe faisait état d’un levier financier (dette nette sur excédent brut d’exploitation) de 3,8 fois contre un maximum autorisé de 4,5 fois et d’une couverture des intérêts par l’excédent brut d’exploitation de 4,9 fois contre un minimum de 3 fois. Sa dette nette de 1,9 milliard d’euros était stable en rythme annuel, 70% de cette dette ayant été refinancée durant le premier semestre 2011.
En l’absence d’une politique de croissance externe agressive, l’utilisation de cette ligne de crédit revolving pour financer un dividende élevé qui ponctionne une grande partie de ses cash-flows ne semble pas prioritaire face à sa prochaine échéance de dette bancaire de 638 millions d’euros (novembre 2013).
Le bureau d’analyse de CM-CIC Securities juge que l’utilisation du crédit revolving «permettrait de rembourser de la dette», scénario considéré comme «le plus favorable». Les analystes d’Oddo Securities estiment qu’un rachat partiel de dette serait accompagné d’un refinancement bancaire «à un taux compris entre 6% et 7%», à comparer à un coût moyen de la dette de 6,2% au 30 septembre. Ils excluent un refinancement obligataire qui conduirait à des spreads supérieurs à 1.300 points de base pour un groupe dont la note de crédit (B2) est en catégorie spéculative.
En cas de refinancement, ils tablent sur «une baisse significative du dividende comme garantie».
Une alternative au refinancement bancaire serait l’émission d’obligations remboursables en actions (ORA) réservée le cas échéant à son actionnaire majoritaire Médiannuaire qui se substituerait aux banquiers. Le taux d’intérêt de ces ORA serait de l’ordre de 7 à 8%. Oddo Securities estime en conclusion que le groupe sera en mesure de refinancer sa dette «avant la fin du premier semestre 2012, ce qui devrait entraîner une baisse du coût moyen pondéré du capital retenu par les analystes» vers une fourchette de 8 à 9% contre 10% à 12% à l’heure actuelle.
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