PagesJaunes semble peiner à refinancer sa dette bancaire
Très discrètement PagesJaunes a annoncé en fin de semaine dernière sa volonté de réduire son endettement. Le groupe «a sollicité l’accord de ses prêteurs pour qu’en contrepartie, notamment d’un remboursement partiel de sa dette, la maturité des dettes bancaires venant à échéance en novembre 2013 soit prorogée jusqu’en septembre 2015».
Actuellement, l’éditeur d’annuaires dispose d’un financement bancaire de 1,9 milliard d’euros. D’une part, un emprunt moyen terme de 1,6 milliard composé d’une tranche A1 de 638 millions d’échéance novembre 2013, et d’une tranche A3 de 962 millions d’échéance septembre 2015. D’autre part, une ligne de crédit revolving d’environ 300 millions d’euros remboursable en novembre 2013.
Si le groupe respecte ses covenants bancaires, il semble peiner à obtenir le consentement de ses banques. «Les termes et conditions de la proposition qui est faite au pool bancaire nécessiteront, pour être acceptés, l’accord d’une large majorité de prêteurs de même que l’accord individuel de ceux qui accepteront d’étendre la durée du prêt venant à échéance en 2013», ajoute PagesJaunes. Pour les convaincre, PagesJaunes propose de suspendre son dividende jusqu'à ce que son endettement net soit ramené à un niveau représentant trois fois l’Ebitda.
«Si cette renégociation va à terme, PagesJaunes va recréer un mur de dette en septembre 2015 qui pourrait s’élever à un maximum de 1,6 milliard d’euros», s’inquiète CM-CIC. «A notre avis, le risque d’une augmentation de capital ou d’une conversion de dette en capital (debt-to-equity swap) ne peut être exclu», note CA Cheuvreux.
De nombreuses questions demeurent. Quelle part de sa dette compte-t-il rembourser ? Et avec quel financement ? PagesJaunes a la possibilité d’utiliser son crédit revolving, intégralement tiré. En outre, quel sera le coût supplémentaire pour PagesJaunes? Actuellement, le taux de référence est Euribor ou Libor +175 points de base pour la tranche 2013 et le crédit revolving, et Euribor ou Libor +350 points de base pour la tranche 2015.
Or «le refinancement de la tranche A1 [est] selon nous le principal élément d’un éventuel rebond du titre qui pourrait ainsi permettre au marché de s’intéresser à nouveau aux performances opérationnelles de la société», conclut CM-CIC. Après une baisse de 3,78% vendredi à 1,86 euro, le titre a gagné hier 1,35%.
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