PagesJaunes se prépare à un nouveau capital

Alors que le groupe a allégé sa dette, KKR et Goldman Sachs sont proches de la sortie
Olivier Pinaud
Photo: PHB/Agefi
Photo: PHB/Agefi  - 

Allégé récemment d’une grande partie de sa dette, PagesJaunes devrait voir prochainement une seconde incertitude se lever. KKR et Goldman Sachs, lesactionnaires majoritaires du groupe de renseignements (annuaires, sites internet de mise en relation…) sont en passe de boucler la restructuration de la dette de leur holding Médiannuaire constitué en 2006 pour financer l’acquisition de 54,7% du capital de la société à France Télécom. Fin 2011, le holding affichait encore 1,6 milliard d’euros de dette nette, que les remontées en provenance de PagesJaunes ne permettaient plus de couvrir.

Portée par des banques et des hedge funds, la dette de Médiannuaire devrait être échangée contre des actions PagesJaunes, scellant la sortie de KKR et de Goldman Sachs. Une partie de ces fonds, qui n’ont pas vocation à rester au capital, céderaient par la suite les titres hérités à des actionnaires au profil plus long terme. « La réorganisation de notre capital donnera une occasion unique à des investisseurs de se positionner sur l’un des principaux actifs d’internet européens », aux côtés de groupes comme Axel Springer ou Schibsted, explique à L’Agefi Jean-Pierre Remy, le directeur général de PagesJaunes, qui dit avoir reçu plusieurs marques d’intérêt ces derniers mois. En revanche, aucun actionnaire majoritaire n’émergerait car il aurait à lancer une offre sur la totalité d’un groupe qui ne capitalise que de 490 millions d’euros mais dont la valeur avec la dette atteint les 2 milliards. Le Fonds stratégique d’investissement ferait partie des candidats potentiels à l’entrée au capital.

Cette recomposition interviendrait alors que la mue numérique de PagesJaunes commence à payer. « Le chiffre d’affaires des annuaires imprimés devrait chuter de 15% en 2012. Mais les efforts pour adapter le modèle avec des coûts variables et des équipes commerciales orientées vers l’internet nous permettent de faire face à ce déclin sans coûts de restructuration massifs. Le gros des difficultés sera derrière nous dans 12 à 18 mois », assure Jean-Pierre Remy.

Néanmoins, à elles seules, les mesures accompagnant le récent refinancement de PagesJaunes ne permettront pas de descendre le niveau de dette nette en dessous de 3 fois l’Ebitda en 2015. L’atteinte de l’objectif «ne passera pas nécessairement par une augmentation de capital. Une accélération de la croissance organique ou une acquisition sans dette nous permettrait d’améliorer notre Ebitda», ajoute le dirigeant. Le profil des futurs actionnaires devrait peser sur le choix de l’option retenue.

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