PagesJaunes paie ses porteurs obligataires pour obtenir leur soutien
Discrètement, PagesJaunes a demandé la semaine dernière le soutien de ses créanciers obligataires. L’éditeur d’annuaires sollicite leur accord pour modifier la documentation relative aux 350 millions d’euros d’obligations seniors d’échéance 2018, afin de permettre la nomination, si nécessaire, d’un mandataire ad hoc qui assisterait PagesJaunes dans le cadre des discussions en cours avec ses banquiers pour prolonger la maturité de ses dettes bancaires arrivant à échéance l’an prochain.
PagesJaunes a la possibilité de désigner ce mandataire jusqu’au 31 décembre 2012 mais n’a pas décidé pour le moment s’il y aura recours. Auparavant, l’accord des porteurs représentant plus de la moitié des obligations est nécessaire. Pour les motiver, PagesJaunes offre 2,5 euros en numéraire pour chaque tranche de 1.000 euros du montant nominal détenu aux obligataires qui approuveront cette sollicitation. Ils ont jusqu’au 14 septembre pour se prononcer, sauf éventuelle extension de la période. Morgan Stanley été mandaté comme agent au titre de la sollicitation.
Fin mai, PagesJaunes avait entamé des discussions avec ses prêteurs pour proroger jusqu’en septembre 2015 les maturités de la tranche A1 de 638 millions et du crédit revolving de 300 millions exigibles en novembre 2013. Si la majorité des créanciers ont donné leur aval, PagesJaunes poursuit ses discussions pour que l’accord représente au moins 90% de ces 938 millions d’euros d’encours.
En échange, l’éditeur d’annuaires leur offre un remboursement partiel immédiat, puis progressif pour la tranche A, et au terme pour le crédit revolving. Le groupe s’engage en outre à suspendre son dividende jusqu’à ce que l’endettement net du groupe se limite à 3 fois l’Ebitda, contre 3,66 fois fin juin.
Ce lissage des remboursements devrait permettre au groupe d’être plus solide pour affronter les prochaines échéances, la tranche A3 de 962 millions d’euros en septembre 2015 et les fameuses obligations en juin 2018. Une nécessité, alors que fin juillet le groupe a abaissé son objectif de chiffre d’affaires 2012. Sur les deux dernières séances l’action a rebondi de près de 7% à 1,44 euro, mais perd encore les deux tiers de sa valeur sur un an.
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