Orange va pouvoir soigner son désendettement grâce à la cession d’EE
Une bonne surprise. Le marché a salué l’entrée en négociations exclusives de British Telecom (BT) avec Deutsche Telekom et Orange pour la reprise d’Everything Everywhere (EE), le numéro un de la téléphonie mobile au Royaume-Uni que les opérateurs allemand et français détiennent à parité. L’action Orange a clôturé hier sur un gain de 3,7% à 13,74 euros dans un marché en hausse de 2,12%.
«Le prix de 12,5 milliards de livres (15,7 milliards d’euros) en valeur d’entreprise (dont 2 milliards de livres de dette nette) fait ressortir un ratio généreux de quasi 8 fois l’Ebitda 2014 (contre 6 fois pour BT)», soulignent les analystes d’Oddo. Le consensus tablait sur un prix de 9 milliards de livres.
L’offre comporte des titres et du numéraire. Selon les calculs de la Société Générale, la participation de 4% détenue par Orange dans le nouvel ensemble BT se valorise à 1,54 milliard de livres, débouchant sur un versement en numéraire de 3,7 milliards de livres (4,6 milliards d’euros). Alors qu’Orange est engagé dans le rachat de Jazztel, le produit de l’opération pourrait permettre à l’opérateur français d'éviter une augmentation de capital, a indiqué hier le numéro deux Gervais Pellissier.
L’impact sur l’endettement devrait être significatif. De 26,6 milliards d’euros estimés actuellement, Morgan Stanley voit la dette nette descendre à 24,5 milliards d’euros dans un an puis à 22,2 milliards d’euros fin 2016. Le ratio dette nette/Ebitda devrait passer de 2,33 avant l’opération à 1,95 après la transaction, estime Morgan Stanley. Un effort de désendettement plus important que celui attendu chez Deutsche Telekom.
Ce déclin de la dette nette devrait se traduire par une création de valeur de 1,6 euro par action. Morgan Stanley s’attend en outre à ce qu’Orange verse un dividende de 1,2 euro par action aux actionnaires au cours des deux prochains exercices. «Orange a diminué progressivement son dividende par action de 1,40 euro (2011) à 0,60 euro (2014). Nous pensons que ce nouveau dividende est désormais confortablement couvert (et de plus durable), avec un taux de distribution du flux de trésorerie disponible aux actionnaires (EFCF) de 50% (en moyenne sur 2015 et 2016)», ajoute la banque américaine.
Alors que la période d’exclusivité conclue entre BT et les vendeurs devrait s'étaler sur plusieurs semaines, Gervais Pellissier a anticipé sur BFM Business une finalisation d’ici début 2016.
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