Orange relance ses réflexions stratégiques autour de sa filiale britannique

L’opérateur et son partenaire Deutsche Telekom cherchent la meilleure voie pour leur société commune EE, rentable et sous-endettée
Olivier Pinaud

La France n’est pas le seul sujet de réflexion stratégique d’Orange. En plus d’étudier les contours que pourrait prendre un rapprochement avec Bouygues Telecom en France, l’opérateur soupèse de nouveau les options concernant EE, sa coentreprise britannique avec Deutsche Telekom. Olaf Swantee, le directeur général du premier opérateur mobile britannique, devant Vodafone, a été chargé de déterminer la voie de EE «entre dividendes ou retour aux actionnaires et croissance», a indiqué Gervais Pellissier, le directeur financier d’Orange, selon des propos rapportés par Bloomberg. Une décision pourrait être prise après l’été.

Ce n’est pas la première fois qu’Orange s’interroge sur l’avenir de EE. En début d’année, le groupe et son partenaire allemand avaient jugé inopportune une mise en Bourse de leur JV, préférant profiter de l’amélioration de sa performance opérationnelle et alors que le marché accordait une valorisation modeste aux actifs de télécoms en Europe. Depuis, les choses ont évolué, sous le coup notamment des rachats multiples de groupes de télécoms ou de câble. En six mois, la valorisation d’Orange, selon Credit Suisse, a par exemple regagné 20% au regard du ratio valeur d’entreprise sur Ebitda (5,3 fois contre 4,5).

Pour Orange et Deutsche Telekom, la question est également de savoir si EE dispose encore d’un potentiel fort d’amélioration de ses marges. L’an dernier, son Ebitda a progressé de 10%, permettant à l’opérateur britannique de dégager une marge annuelle record de 24,3%, avec un pic de 25% pour le seul second semestre. La réalisation des synergies liées à la fusion de 2010 y est pour beaucoup. Elle a permis d’économiser 457 millions de livres de charges opérationnelles, 3% de plus que le montant budgété. Cet effet de levier va s’estomper. En 2014, EE prévoit une marge d’Ebitda stable à 25%.

Enfin, ces réflexions visent aussi à régler le sujet du «sous-endettement» de EE. La JV affichait fin 2013 un ratio de levier (dette nette sur Ebitda) de seulement 1,3 fois, très bas pour le secteur.

Pour optimiser la rentabilité du bilan, la direction prévoit de faire remonter le ratio entre 1,75 et 2 fois, ce qui conduirait le groupe à augmenter sa dette de 925 millions à 1,4 milliard d’euros. La somme pourrait soit être reversée aux actionnaires actuels sous forme de dividende avant une introduction en Bourse soit servir à une acquisition en fonction de l’évolution du marché britannique.

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